Selon une récente étude américaine, le cancer représente près de 10 % des années de vie perdues, toutes causes confondues, pour les personnes vivant avec le VIH, un chiffre qui pourrait être atténué par un meilleur accès aux traitements antirétroviraux d'une part et au dépistage et à la prévention d'autre part.

Selon une étude menée au Royaume-Uni, les personnes vivant avec le VIH modifient leur traitement antirétroviral deux fois plus souvent qu'il y a dix ans, une augmentation qui n'a rien d'inquiétant, bien au contraire, puisqu'elle reflète d'une part la disponibilité de multiples et meilleures options thérapeutiques, plus efficaces, plus sûres et plus commodes et, d'autre part, la volonté des cliniciens d'adapter au mieux les schémas thérapeutiques aux besoins individuels de chaque personne.

Menée en France, où l'on estime que 20 % des personnes vivant avec le VIH seront âgées de 70 ans et plus à l'aube de 2030, l'étude ANRS SEPTAVIH montre une aggravation du statut de fragilité (frailty en anglais) chez 18 % des patients séropositifs âgés de 70 ans et plus et ce, sur un laps de temps court de seulement un an. Parmi les principaux facteurs de risque associés à cette évolution rapide, on retiendra le nombre de comorbidités, ainsi qu'un nombre peu élevé de cellules CD4.

L'indice de masse corporelle (IMC) constitue un facteur de prédiction tout à fait valable du risque de développement d'un diabète ou d'un syndrome métabolique chez les personnes vivant avec le VIH. Et cela, de manière aussi fiable que certains tests plus pointus, notamment ceux évaluant la répartition de la masse graisseuse corporelle, selon une étude italienne présentée par le Dr Jovana Milic, de l'Université de Modène, lors de l'édition 2023 du congrès de l'EACS.

Grâce aux formidables avancées pharmacologiques de cette dernière décennie, l'infection par le VIH s'est muée en une maladie chronique. Mais cette évolution s'est-elle, pour autant, accompagnée d'une amélioration de la qualité de vie ? Pas vraiment si on se réfère aux résultats présentés par le Dr Marie-Angélique De Scheerder lors du congrès de l'EACS 2023, résultats basés sur les réponses apportées par les personnes vivant avec le VIH au questionnaire PROMs (Patient Reported Outcomes Mesures) qu'elle et son équipe du Centre de référence VIH de l'UZ Gent ont développé.

Comme la CROI ou l'IAS, l'EACS n'est pas un congrès exclusivement réservé à la présentation des dernières avancées scientifiques. Elle est aussi une tribune pour évoquer les problématiques, les besoins non satisfaits des personnes vivant avec le VIH. C'est donc à Varsovie que l'ICOPe HIV (International Coalition of Older People Withings HIV) est venu présenter les résultats d'une enquête qui montrent combien les besoins spécifiques des personnes âgées vivant avec le VIH ne sont ni satisfaits, ni priorisés, et qu'il est donc urgent d'accroître leur visibilité.