Dr Iris De Ryck

Samedi dernier (28 mars), les Italiens ont franchi la barrière psychologique des 10 000 morts du COVID. Par comparaison, la grippe saisonnière tue, en moyenne, 500 personnes par an et 6 000 personnes sont comptées en moyenne toujours comme conséquence indirecte possible de l'infuenza. La discussion sur le fait de savoir s'il s'agit ou non d'une grippe ordinaire est passée sous silence ici depuis un certain temps, ce qui ne sera pas surprenant. Au moment où j'écris ces lignes, à 18h, les nouveaux chiffres de COVID ont été publiés en Italie (60 millions d'habitants). Un peu moins de 100.000 infections officielles (plus de 5.000 supplémentaires sur 1 jour), un peu moins de 11.000 décès (756 supplémentaires sur 1 jour).

Pr Harry Bleiberg

La lutte contre le coronavirus pourrait marquer un tournant dans la prééminence, habituellement acceptée, du couple Europe/USA sur le monde. La guerre technologique dans la lutte contre la pandémie vient d'être gagnée par une partie de l'Asie et cette victoire aura des retentissements à tous les niveaux tant économiques, scientifiques que culturels. Après l'expérience chinoise, la Corée du Sud, Hongkong, Singapour, Taiwan ont évité le confinement et ont opté pour une isolation du virus ou plutôt des porteurs de virus par des tests généralisés alors que l'Italie, et beaucoup de pays d'Europe et apparemment les USA ont choisi une stratégie de confinement des personnes.

Dr Jean-Louis Vincent

Le Pr Jean-Louis Vincent (ULB) rappelle qu'il existe près de 60 traitements prometteurs contre le SARS-CoV-19 et que patients et même médecins atteints sont prêts à beaucoup de sacrifice pour les essayer. Il rappelle que le "traitement du Dr Didier Raoult" n'a été testé que sur 26 malades dont quelques-uns exclus parce qu'ayant répondu défavorablement. Se chauffer le nez avec un sèche-cheveux peut-il être efficace puisque le coronavirus n'aime pas la chaleur?, demande-t-il avec ironie

Nicolas de Pape

Avec 2,5 milliards d'euros de pertes par semaine dues au coronavirus (chiffres FEB), il est évident que nous ne pourrons pas restés cloîtrés indéfiniment. L'économie et donc la santé publique n'y survivraient pas. Le remède serait pire que le mal. Il va falloir innover et trouver des outils pour sortir à moyen terme du confinement. Tests à grande échelle, traitement, vaccin et masques de protection font partie de l'équation.

Henri Anrys

La grande majorité des médecins belges exerce sous statut d'indépendant, que ce soit en cabinet ou à l'hôpital. C'est ce qui a permis à l'Etat d'offrir aux citoyens une médecine moins chère que celle de nos voisins et réellement de qualité même si pour les évaluations sur papier comme celle de l'OMS, la Belgique a été classée loin derrière l'Italie. Le coût de ce choix, c'est l'insécurité professionnelle et une protection sociale minimaliste pour le médecin et les siens.

Michel Mahaux

Je fais désormais partie de celles et ceux qu'on préfère garder loin de l'action et dont la présence sur le terrain constituerait plus un risque qu'une aide efficace ! Il faut l'accepter tout en essayant d'apporter une petite contribution à la mobilisation générale face au virus.

Dr Carl Vanwelde

Dimanche. Un jardin inhabituellement déserté par le bruit mêlé des avions qui nous survolent dès l'aube, par la rumeur lointaine du ring de Bruxelles, par les bruits familiers de la rue, et à la campagne si j'en crois un ami par l'insolite chant du coq.. à midi.

Henri Anrys

Henri Anrys évoque le sacrifice des médecins, parfois de leur vie pour la Nation, pour les patients. Il demande qu'en retour, celle-ci les soutienne davantage moralement mais aussi financièrement car ils souffrent comme travailleurs indépendants. Il cite Winston Churchill à propos des pilotes d'avion pendant la Bataille d'Angleterre en 40-45 : "Jamais autant de gens n'ont eu une telle dette envers si peu."

Laurent Zanella

eSanté Wallonie communique sur l'importance de mettre à jour les Sumehr des patients dans le cadre de l'amélioration de la continuité des soins et de la lutte contre le Covid-19.

Dr Philippe Devos

Le Dr Philippe Devos, président de l'Absym, s'adresse à tous les médecins dans une lettre au contenu puissant : " Cette maladie balaie tous les pays tel un rouleau compresseur, Il faudra être solidaires entre nous, agir vite et uni, telle une armée ", dit-il. Le zéro mort pour les soignants ne sera pas possible.

Marc Wathelet

Boris Johnson et, encore davantage Mark Rutte, premiers ministres respectivement de Grande-Bretagne et des Pays-Bas, misent sur la dispersion du COVID-19 à des fins "d'immunité collective". Boris Johnson a été immédiatement averti par ses experts qu'il risquait des centaines de milliers de morts. Le consultant en virologie Marc G. Wathelet explique ici, dans une lettre aux députés et commissaires européens, l'erreur de suivre cette voie. Il préconise ce qui a marché partout ailleurs en Asie : confinement, hygiène stricte, quarantaine le cas échéant, limitation des trajets au strict minimum et fabrication rapide de masques pour port systématique.

Dr Carl Vanwelde

Pas plus qu'il n'y a de bonne petite guerre, on ne peut se réjouir d'une épidémie quand chaque soir s'égrène le décompte sinistre des nouveaux infectés, des guéris et des morts. Des patients en souffrance aussi, malades dans leur chair ou dans leur tête. Il n'empêche que notre réflexion peut se voir nourrie par la survenue du Covid-19, et par les mesures qui l'accompagnent.

Le journal du Médecin et le Pharmacien lancent auprès de leurs lecteurs respectifs une courte enquête pour savoir s'ils ont été infectés au SRAS-CoV-2 depuis le début de l'épidémie.