Tout sur Carl Vanwelde

Le Dr Carl Vanwelde a publié durant des années des Visites buissonnières dans notre journal pour le plus grand plaisir de nos lecteurs. Ces tranches d'humanité ont été regroupées par les éditions Weyrich dans des Carnets buissonniers illustrés par Michèle Corbisier.

Pour reprendre Boris Vian "l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre." On racontera ce jour une histoire de masques, qui au pays de James Ensor, ne sauraient être que merveilleux. Au départ d'une demande de certificat

Les Carnets buissonniers de Carl Vanwelde permettent de découvrir une galerie de portraits brossés par un médecin généraliste bienveillant, fin observateur de ses contemporains.

Le concept Klara Continuo - succession de morceau musicaux choisis sans interruption par des annonces, commentaires et autres bulletins d'infos ou de radioguidage - est-il reproductible dans nos pratiques médicales? Pas sûr.

Bébé pleure, et les parents angoissent. Faute de bénéficier des conseils avisés d'une nounou ou d'un ouvrage de référence comme en connurent les générations précédentes - l'incollable J'élève mon enfant de Laurence Pernoud - reste le recours aux applis. Tout bénéfice? Pas sûr

Arrivée au terme d'un long déclin, elle a fini son voyage, "quittant son corps comme on quitte un bateau(1)." Dans la rue retentissent les rires des gosses travestis pour Halloween, représentation carnavalesque d'une mort qu'on nargue. Étrange confrontation entre ce décès que j'accompagne et le monde qui est le mien.

Il en garde la mémoire, Rocco, de la poursuite haletante dans la zone après avoir fracassé la vitre d'un abribus. Où qu'il aille, les sirènes et la lueur blafarde des gyrophares le traquaient. Tiré de sa cache, menotté et emmené au commissariat, il y finit la nuit. C'était jadis, il avait 16 ans, et depuis n'avait plus rien connu de la sorte.

On s'y attendait, c'est là. L'année 2020 et ses contraintes sanitaires drastiques nous avait protégés des viroses banales, des gastroentérites, des infections de gorge, de nez et autres bronchiolites. Cela ne pouvait durer.

Comme un mauvais rêve, sans fin. Avec ses bons et ses mauvais élèves, félicités ou surveillés selon leur respect des consignes, leur taux de civilité et la contagiosité qu'ils véhiculent. Mais que fait donc la médecine à Bruxelles?

Au moment où se généralise l'extension d'un pass sanitaire donnant accès aux événements culturels et sportifs, expositions, réunions en grand nombre afin de rendre à la société civile l'impression d'un retour progressif à la vie normale, on ne peut que s'interroger sur la pertinence de cette mesure.

Une première soirée de sortie de confinement est révélatrice que tout est à réapprendre. Retrouver les sujets de conversations d'avant, ne plus évoquer la pandémie à longueur de soirée ni charger les experts, ministres, responsables politiques de tous les maux de notre existence. Il y aura une vie sans le covid, on l'espère sans certitude, mais il faudra la réinventer.

Comment raconter le printemps mieux que par la fenêtre de Lucie? A chacun ses trésors, mais vieillir avec un paysage pareil n'est plus dépérir. Je suspends l'auscultation un moment, ébloui par le cerisier du Japon dont la floraison inonde la baie vitrée.

Comment raconter le printemps mieux que par la fenêtre de Lucie ? A chacun ses trésors, mais vieillir avec un paysage pareil n'est plus dépérir.

"Les patients se sont retrouvés désemparés face à une affection sans traitement connu, appelés à se cloîtrer chez eux dans des villes fantômes, soumis à des bulletins d'actualités déversant en continu la progression des chiffres de contagion", témoigne le Dr Carl Vanwelde, MG à Anderlecht et professeur émérite de médecine générale.