L'idée du KCE venait de Frank Vandenbroucke, le ministre des Affaires sociales et des Pensions de l'époque. Il s'était inspiré du National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) au Royaume-Uni, du Zorginstituut Nederland (ZIN) aux Pays-Bas et de la Haute Autorité de Santé (HAS) en France. C'est aussi lui qui a imaginé les initiales KCE. Lorsque je demande à mes étudiants ce que signifie KCE, personne ne le sait. Je leur fais alors un quizz Federaal Kenniscentrum voor de Gezondheidszorg, Centre Fédéral d'Expertise en Soins de Santé, Belgian Healthcare Knowledge Centre ou autre.

En 2003, le Centre n'avait pas encore de site internet et toute la communication était bilingue. Aujourd'hui, la langue du KCE est l'anglais, la même langue que celle dans laquelle Frank Vandenbroucke donne aujourd'hui cours à l'Université d'Amsterdam. En tant que membre de conseil de la Taalunie, le lien entre la langue et les soins me tient à coeur.

L'interview de Vandenbroucke, en sa qualité d'ancien ministre de l'Enseignement, donne à la fois un sentiment de satisfaction et de tristesse. Il y plaide pour un juste milieu entre les Pays-Bas et la Flandre : une anglicisation tout en insistant sur une maîtrise suffisante du néerlandais.

Le KCE entre les langues

Le KCE se situe aussi au milieu des langues, bien que... son dernier rapport relatif au 'Diagnostic et la prise en charge de la gonorrhée et de la syphilis' du 26 mars n'est disponible qu'en anglais. La synthèse est disponible en néerlandais, en français, en anglais et pas en allemand. Le communiqué de presse n'a apparemment été diffusé qu'en néerlandais et mentionne qu'il faut que tout le monde regarde dans la même direction pour la prise en charge de la gonorrhée, de la syphilis et de la chlamydia. La directive pour le diagnostic et le traitement de la gonorrhée et de la syphilis est présentée comme une première belge. La prise en charge de la chlamydia figure toutefois dans la directive du groupe de travail 'Ontwikkeling Richtlijnen Eerste Lijn' (uniquement flamand), qui fait partie de l'Evidence Based Practice Network fédéral.

L'année dernière, il avait apparemment été décidé que les directives pour les médecins généralistes ne seraient développées que dans ce groupe de travail. Pourquoi la syphilis et la gonorrhée font-elles alors quand même l'objet d'un rapport du KCE ? Et que penser de " l'outil gratuit en ligne " qui sera disponible dans les prochains mois ? Si un tel outil était disponible, cela pourrait en effet constituer une belle avancée.

Le KCE se situe pour l'instant entre les langues, bien que...

Maintenant, je dois m'aider d'une directive du Nederlands HuisartsenGenootschap de 2013 ou de la recommandation de Domus Medica qui est en révision. " Quelle est l'utilité de dire que le rapport sera disponible dans quelques mois, alors qu'on a tant de choses à faire ?", se plaignait une collègue dans mon GLEM.

" Votre médecin généraliste chez qui vous allez depuis des années entame soudain une conversation sur votre santé sexuelle ? Il suivra alors probablement les nouvelles directives du Centre d'expertise fédéral des soins de santé (KCE) ", puis-je lire dans mon journal, 'De Gentenaar'. " Les médecins généralistes doivent maintenant surtout s'investir dans un dépistage précoce. En parlant avec tous les patients de santé sexuelle, y compris avec les personnes qui ne relèvent pas d'un groupe à risque. Si c'est indiqué, le médecin généraliste peut alors proposer un test. "

" Excusez-moi, mais quel test devons-nous maintenant réaliser ? ", demande un étudiant en sixième année de médecine durant le cours 'Maladies sexuelles : de MST à IST : parler entre quatre yeux de santé sexuelle', un cours concernant la formation relationnelle et sexuelle, que nous proposons depuis 1996 en collaboration avec Sensoa pour les étudiants qui ont choisi l'orientation médecine générale (autrefois en 7e année, aujourd'hui en 6e année).

Nouveaux numéros de nomenclature

L'année académique prochaine, nous parlerons certainement de la directive du KCE, de l'outil gratuit en ligne et de la directive concernant la Chlamydia. Espérons que nous pourrons aussi parler des nouveaux numéros de nomenclature que le KCE propose à juste titre pour pouvoir préserver un diagnostic univoque et une mesure de la résistance. Enfin, je n'oublierai pas d'insister sur l'obligation de déclaration, essentielle pour le suivi de l'IST en pleine recrudescence.

Voor Vlaanderen/pour la Flandre : www.zorg-en-gezondheid.be/een-meldingsplichtige-infectie-ziekte-aangeven

Voor Brussel : www.ccc-ggc.irisnet.be/nl/gezondheidszorg/besmettelijke-ziekten

Pour Bruxelles : www.ccc-ggc.irisnet.be/fr/politique-de-la-sante/maladies-transmissibles

Pour la Wallonie et la partie germanophone du pays, je ne retrouve aucun site internet dans la directive du KCE. Devrais-je peut-être l'année académique prochaine ne mentionner qu'un seul site web, en anglais ? Comme c'est déjà le cas aujourd'hui pour l'Evidence Based Practice Network.

A moins que l'on scinde la sécurité sociale en trois Régions, comme le suggère une question dans le test électoral pour les prochaines élections. Et quid si tel était le cas ? La dénomination du KCE peut de toute façon être conservée : Knowledge Centre for Expertise. Voilà de la matière à réflexion. Que suggérerait le Professeur Frank Vandenbroucke de l'Université d'Amsterdam ?