Les Autorités flamandes ont enfin décidé de faire sauter le verrou qui, depuis de trop nombreuses années, est la cause de la pénurie de médecins et des dérives qui l'accompagnent.

On peut cependant regretter que nos compatriotes du Nord du pays invoquent le non-respect par le Sud des dispositions nationales imposant une stricte limitation de l'octroi des numéros Inami.

Après avoir, pendant des années, affirmé que l'efficacité de l'organisation des soins de santé permettait à la Flandre de faire face à la demande de soins avec un nombre limité de médecins, les autorités flamandes se sont finalement rendues à l'évidence : la situation de pénurie médicale devient intenable tant au nord qu'au sud du pays! Plutôt que le reconnaître, elles ont, comme c'est trop souvent le cas, préféré mettre leur décision sur le compte du non-respect des règles par les Wallons.

Reconnaître qu'en l'espèce, les Wallons avaient pris une bonne décision que la Flandre allait suivre, aurait pourtant grandi ceux qui en sont à l'origine.

Il semble malheureusement que dans une culture de confrontation communautaire, reconnaître ses torts en même temps que l'on reconnaît les mérites de l'autre n'est plus politiquement porteur.

En ma qualité de patient et d'économiste de la santé (sérieux), je ne peux évidemment que me réjouir d'une décision qui, je l'espère, permettra de mettre fin à une pénurie de médecins néfaste aux patients.

Mais je ne suis pas naïf et j'ai bien conscience que, si cette décision débloque la situation, rien n'est encore gagné. Ceux qui profitent de la situation actuelle et en font leurs choux gras n'ont pas encore jeté l'éponge. Je suis persuadé qu'ils pèseront de tout leur poids pour continuer à bénéficier de la rente de situation qu'ils se sont habilement créée.

J'espère que la ligne politique désormais tracée des deux côtés de la frontière linguistique sera suivie!