Chacun sait que la gynécologie esthétique a mauvaise réputation. La Society of Cosmetic Gynaecology d'Inde a cependant décidé de prendre les choses en main pour redorer son blason. Cette spécialité souffre d'une tendance à la commercialisation inédite dans les autres domaines de la médecine, explique le Dr Navneet Magon, Président fondateur de la TSCG, faisant référence à la mise en place de procédures protégées par les droits d'auteur et aux frais extrêmement élevés des formations de médecins. Le but de la TSCG consiste à (ré)établir le débat et les échanges scientifiques au sein d'une spécialité qui devrait poursuivre l'objectif d'améliorer la qualité de vie des patients. Cette approche doit reposer sur des pratiques solides sur le plan éthique et scientifique, déclare Magaon. La sécurité doit être élevée au rang de priorité absolue, les procédures nuisibles doivent être identifiées et éliminées de la pratique, et le marketing trompeur et contraire à l'éthique doit être évité. Pour atteindre ces objectifs, la TSCG organise des conférences et publie sa propre revue avec comité de lecture.

Dr Lubomir Mikulasek, gynécologue exerçant à Prague, a présenté des données portant sur l'utilisation non esthétique d'une méthode qui est sinon essentiellement appliquée en gynécologie esthétique. Via la mise en place d'une étude prospective toujours en cours depuis l'année 2016, son groupe a évalué l'utilisation d'agents de comblement à base d'acide hyaluronique (réticulés avec du polyéthylène glycol (PEG)) chez des femmes présentant une incontinence d'effort. La réparation par un agent de comblement sous-urétral transvaginal dans le traitement de l'incontinence d'effort urinaire est mentionnée dans les recommandations en vigueur du NICE, mais est assortie d'un commentaire indiquant qu'il n'existe à ce jour aucune preuve d'efficacité pour ce traitement. L'étude tchèque vise aujourd'hui à pallier cette lacune en termes de preuves.

Les données préliminaires mettent en évidence un degré élevé de satisfaction chez les patientes. Le traitement est exceptionnellement bien toléré. Bien que les données ne soient pas encore publiées, Dr Mikulasek qualifie les résultats obtenus à ce jour au sein de son groupe de patientes très hétérogène de "plus qu'excellents", montrant un taux très élevé de satisfaction et d'efficacité. Le suivi inclut l'évaluation des sentiments subjectifs et du taux de satisfaction, ainsi que la corrélation d'échographies uro-gynécologiques avant et après l'application d'agents de comblement. À ce stade déjà, il déclare que les agents de comblement "montrent qu'ils peuvent être utilisés en tant que traitement de premier choix chez les femmes souffrant d'incontinence d'effort de grade I à II, sans nécessité d'avoir recours à d'autres approches plus invasives". Les agents de comblement sont généralement réglementés non en tant que médicaments mais en tant que dispositifs (à l'instar des implants), et sont commercialisés sous la forme de matériaux naturels et synthétiques très diversifiés. L'acide hyaluronique est un agent de comblement injectable non permanent qui a été commercialisé pour la première fois en 2003.

Source : Scientific Society Symposium "Sexuality & Cosmetic Gynaecology: new vistas in gynaecological practice", organisé par la Society of Cosmetic Gynaecology (TSCG) et The Urogynaecology & Pelvic Health Association of India (UPHAI)