Au moyen d'un questionnaire, des chercheurs du Royaume-Uni ont interrogé des femmes âgées de 18 à 50 ans sexuellement actives, non enceintes et non stérilisées originaires de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, du Royaume-Uni, du Brésil et du Mexique sur les aspects suivants : méthodes contraceptives utilisées, préférences en matière de choix de contraceptifs, degré de satisfaction, propension à payer pour les contraceptifs et facteurs influençant les choix des femmes. Sur les 1 290 femmes interrogées, 719 ont satisfait aux critères d'inclusion et ont répondu à l'enquête. L'étude a mis en évidence deux groupes de pays distincts en termes d'attitudes et de profils. Les femmes originaires du nord de l'Europe (Royaume-Uni, Allemagne et France) ont fait état d'une activité sexuelle moins fréquente ainsi que d'une inquiétude moindre concernant l'usage d'hormones et les infections sexuellement transmissibles (IST). Les femmes originaires d'Espagne, d'Italie, du Brésil et du Mexique ont rapporté une fréquence plus élevée d'activité sexuelle, particulièrement au Brésil et au Mexique. Ces femmes préfèrent utiliser des techniques contraceptives qui agissent "au moment-même". Ce groupe était aussi davantage préoccupé par la sécurité de la contraception et par les IST. Les femmes des pays du Sud se sont aussi déclarées plus sensibles aux effets de la contraception sur l'expérience physique.

Malgré ces différences, la pilule contraceptive et le préservatif sont les deux méthodes les plus répandues dans tous les pays, la pilule étant numéro un en France et au Brésil alors que le préservatif est en tête en Espagne, au Mexique et en Italie. Le Royaume-Uni et l'Allemagne montrent un taux élevé d'utilisation des deux méthodes. Au Brésil et au Mexique, plus de 45 % des femmes combinent des méthodes différentes. Dans l'ensemble des pays, 18 % des femmes se sont déclarées insatisfaites de leur méthode contraceptive et sont susceptibles d'en changer.

Lors de son exposé, le professeur Vera Nikolayevna Prilepskaya, attachée au Centre scientifique d'obstétrique, de gynécologie et de périnatalogie de la Fédération de Russie, a souligné que malgré la crainte généralisée et l'attitude négative envers les contraceptifs hormonaux, le risque associé à la pilule est relativement faible, limité à certains groupes de patientes et peut être réduit ou même évité en sélectionnant judicieusement les contraceptifs. "L'utilisation généralisée des contraceptifs hormonaux a conduit à une diminution du taux d'avortement et a généré par ailleurs de nouvelles possibilités de traiter certaines maladies gynécologiques par la contraception hormonale, ce qui permet d'éviter ainsi des complications plus graves", a déclaré le Pr Prilepskaya. Des études de grande envergure n'ont pas confirmé l'existence d'un risque accru de cancer du sein associé à la pilule. Cependant, des doses hormonales plus élevées ou certains progestatifs peuvent être risqués, surtout chez les femmes présentant des facteurs de risque comme le diabète, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) avec résistance à l'insuline, etc.

Le risque de maladies artérielles a uniquement une importance clinique chez les femmes prédisposées, notamment en cas de tabagisme, d'hypertension ou d'obésité. Par conséquent, les régimes contraceptifs à progestatif seul sont recommandés chez les femmes présentant un risque accru. Cependant, le Pr Prilepskaya souligne que ces contraceptifs ne sont pas inoffensifs et présentent de nombreux inconvénients par rapport aux contraceptifs hormonaux combinés.

  • Banerji V, Hall G, Chaudary W, Lass A. Contraceptive survey across 7 countries in Europe and south and central America

Source : Session "Présentation orale : Contraception" lors du Congrès de la Société Européenne de Gynécologie (ESG), 18 octobre, Vienne