L'athérosclérose, l'encombrant compagnon de route de la polyarthrite rhumatoïde

Trop souvent focalisé sur les manifestations articulaires et osseuses de la polyarthrite rhumatoïde, on en oublie qu'elle ne chemine pas seule. Une étude prospective italienne menée par le Dr Piero Ruscitti durant 3 ans confirme que l'athérosclérose et son cortège de complications font partie intégrante du paysage de la polyarthrite rhumatoïde mais l'enseignement le plus important et le plus encourageant est que parvenir à la rémission sous traitement réduit de 80% le risque cardiovasculaire lié à l'athérosclérose chez ces patients. Un nouvel argument fort pour la stratégie du 'treat to target' dans la polyarthrite rhumatoïde.

Le filgotinib passe à la vitesse supérieure avec des études de phases 3

Tirées d'une session plénière de Late Breaking Abstracts particulièrement riche en nouveautés concernant le pipe-line des options thérapeutiques de prise en charge de diverses affections rhumatismales auto-immunes, voici les données d'une première étude de phase 3 concernant le filgotinib, un inhibiteur sélectif de JAK1 à administration orale, lorsque la polyarthrite rhumatoïde ne répond pas au méthotrexate. Des résultats d'autant plus attendus et qui nous tiennent à coeur puisque le filgotinib est le fruit de la recherche de Galapagos, une biotech basée à Malines.

L'arthrite psoriasique à l'heure des choix

L'extension de l'arsenal thérapeutique de l'arthrite psoriasique a connu, au cours de ces dernières années, une formidable et rapide extension permettant au rhumatologue de mieux personnaliser l'approche thérapeutique en fonction des particularités de chaque patient. Mais, ce choix peut parfois se révéler difficile d'où l'intérêt des études cliniques comparatives qui, avouons-le, demeurent une denrée bien rare d'où l'intérêt pour cette étude " head to head ", présentée dans le cadre des " Late Breaking Abstracts ", comparant adalimumab et ixékizumab chez le patient porteur d'une arthrite psoriasique non répondeurs à au moins un DMARD conventionnel.

Fertilité masculine et affections rhumatismales inflammatoires

Tant la maladie que les traitements pour la combattre peuvent affecter profondément la sexualité et la fertilité des hommes atteints d'une maladie rhumatismale inflammatoire chronique, un constat d'autant plus préoccupant que ces affections touchent un nombre important d'adolescents et d'homme dans la fleur de l'âge. Lors de la session concernant la fertilité, principalement centrée sur les problématiques féminines, le Pr Monika Østensen (Norvège) nous rappelle ainsi que l'intimité masculine paye aussi un lourd tribut mais que le sujet demeure tabou. Il est donc important pour les praticiens d'aborder ouvertement ces sujets avec les patients.

Arthrite psoriasique: secukinumab confirme son pouvoir inhibiteur sur la progression radiographique au long cours

Le congrès de Madrid aura été pour le Pr Philip Mease (University of Washington, Seattle) l'occasion de présenter des résultats actualisés de l'étude FUTURE 5. Sur un suivi de 2 ans (104 semaines), le secukinumab confirme son potentiel à inhiber au long cours la progression radiographique de l'arthrite psoriasique et à maintenir la réponse clinique tant sur le plan articulaire (ACR 20 et 50) que cutané (PASI90).

8 ans avant un diagnostic précis, une éternité pour les patients atteints de SpA

Notre confrère, le Pr Philippe Carron (rhumatologie, UZ Gent), a eu le privilège d'inaugurer les sessions plénières de l'édition 2019 de l'EULAR en modérant un symposium consacré aux bonnes pratiques en terme de prise en charge de la spondylarthrite ankylosante (SpA). Au cours des exposés, un chiffre interpelle: 8 ans s'écoulent en moyenne entre l'apparition des premiers symptômes et le diagnostic ainsi que la mise sous traitement spécifique des patients atteints de SpA. Pour répondre à ce besoin non satisfait, les fameux " unmet needs " de nos collègues anglo-saxons, le Pr Carron aborde deux initiatives intéressantes, l'une anglaise et l'autre belge, pour accélérer le processus diagnostique.

Présent et futur du traitement de l'arthrite psoriasique

Personnalité haute en couleur et incontournable dès qu'il est question d'arthrite psoriasique, le Pr Philip Mease (University of Washington, Seattle) résume pour nous l'état actuel ainsi que les futurs développements pour la prise en charge de l'arthrite psoriasique tout en soulignant l'importance de disposer enfin d'un large éventail d'options pour personnaliser au mieux le traitement de cette pathologie complexe aux multiples ramifications.

Goutte: s'il n'y avait que la douleur...

La goutte n'est pas uniquement une pathologie douloureuse et fonctionnellement handicapante. Un taux trop élevé en acide urique augmente le risque d'événements cardiovasculaires ainsi que celui de la mortalité. Mais à partir de quel taux en acide urique ? Pour tenter une réponse à ce questionnement, un groupe d'investigateurs espagnols a cherché à connaître l'impact sur la mortalité toute cause d'un taux d'acide urique équivalent ou supérieur à 6mg/dl.

Etude MAXIMISE: efficacité du secukinumab sur les manifestations axiales de l'arthrite psoriasique

Profitant de la vaste audience européenne réunie à Madrid pour l'édition 2019 de l'EULAR, le Dr Xenofon Baraliakos (Ruhr University, Bochum, Allemagne) a présenté les premiers résultats, à 12 semaines de suivi, de l'étude MAXIMISE, un essai important puisqu'il s'agit de la première RCT à évaluer l'efficacité d'un agent biologique, en l'occurrence le secukinumab, sur les manifestations axiales de l'arthrite psoriasique auprès de patients en échec aux AINS.

Ostéoarthrite de la main: une faible dose de prednisolone soulage la douleur et améliore la fonctionnalité

En démontrant qu'une dose quotidienne de 10mg de prednisolone durant 6 semaine améliore tant la douleur que la fonctionnalité des patients atteints d'ostéoarthrite sévère de la main, l'étude HOPE justifie pleinement son acronyme tant il est vrai que notre arsenal thérapeutique est actuellement limité pour venir en aide et soulager efficacement les patients atteints de cette affection hautement handicapante, un malencontreux " privilège " de l'âge en croissance constante suite à l'allongement de l'espérance de vie.

PsA: une étude venue du Nord rassure sur le risque de cancer lié aux anti-TNF

Alors qu'on manque toujours cruellement de données solides sur le risque de cancer lié aux anti-TNF chez les patients atteints d'arthrite psoriasique (PsA), une étude portant sur 8000 patients issus de quatre grandes cohortes du Nord de l'Europe (Islande, Suède, Danemark et Finlande) nous apporte enfin la preuve que l'utilisation d'anti-TNF n'occasionne pas d'augmentation du risque de cancer en général ou en particulier (poumon, sein, prostate, pancréas, endomètre, SNC, mélanome ou colorectal). Seule ombre au tableau, une augmentation du risque de lymphome que le Pr Lene Dreyer (Aalborg, Danemark) attribue, pour l'instant, à l'impact de la maladie sur l'immunité mais d'autres études seront nécessaires pour innocenter définitivement les anti-TNF, connus pour leur rôle complexe dans le développement et la progression des cancers.

La goutte, pathologie mal-aimée de la rhumatologie moderne

Passionné par la rhumatologie avec un tropisme tout particulier pour la goutte, une maladie de généraliste comme il aime à le rappeler, le Dr Marc de Meulemeester (médecin généraliste, Belgique) a participé très activement au volet belge d'une enquête paneuropéenne ciblant la prise en charge actuelle de la goutte au sein de 14 pays de l'Union. C'est à ce titre qu'il a été invité par le comité scientifique de l'EULAR à en présenter les principaux résultats. Malgré une incidence en forte croissance et des traitements simples et efficaces, la goutte apparaît, au fil des résultats de l'enquête, comme une pathologie largement sous-estimée tant sur le plan diagnostique que thérapeutique laissant ainsi le patient bien seul face à sa douleur, son handicap et, surtout, un risque cardiovasculaire non négligeable. Le temps est donc venu de passer enfin à l'action pour sortir la goutte de son impasse.