La fracture numérique reste cependant un obstacle dans cette tentative de faire des Bruxellois dans leur ensemble des "acteurs de leur santé", constatent lundi les deux ministres. Avec la LUSS, la fédération francophone des associations de patients et de proches, et son équivalent flamand la VPP (Vlaams Patiëntenplatform), le Collègue réuni de la Commission communautaire commune va donc dans les prochains jours lancer un appel à projets visant spécifiquement à agir au coeur des quartiers pour réduire cette "fracture" en matière d'e-santé. Deux projets pilotes seront sélectionnés via cet appel à projets, qui seront financés pour un an à hauteur de 25.000 euros chacun, ont précisé les acteurs lors d'une conférence de presse.

"Nous nous battons depuis des années pour que chaque patient ait accès à son dossier médical. La fracture numérique peut vraiment, en matière de santé, augmenter les inégalités", commente Sophie Wellens, chargée de projet à la LUSS. Avoir un dossier médical partagé, c'est devenir en quelque sorte "acteur" de son parcours de soins, c'est aussi s'assurer que les professionnels de la santé qui nous prennent en charge ont accès à notre historique, de quoi éviter parfois des examens inutiles, entre autres.

Un revenu trop faible ou un âge avancé contribuent notamment à éloigner les habitants de l'usage d'internet, mais les raisons de la fracture numérique sont multiples. Près d'une personne sur 10 dans la Région n'a jamais utilisé d'ordinateur, communiquent les ministres Guy Vanhengel et Didier Gosuin. "Les personnes n'ayant pas accès aux outils numériques sont souvent isolées et donc pas facilement identifiables", pointe Sophie Wellens parmi les obstacles. D'où l'idée de soutenir des projets qui s'ancreraient très localement, mais idéalement "reproductibles" ensuite.

L'intérêt d'avoir accès à son propre dossier médical électronique devrait augmenter avec les années, au fur et à mesure que la communauté médicale sera, elle aussi, de plus en plus sensibilisée à l'importance de ce partage.