Michel Mahaux
Michel Mahaux
Economiste, ancien directeur général adjoint de santhea
Opinion

07/01/19 à 09:26 - Mise à jour à 09:25

Les malheurs du Père Noël

2018 ne restera pas dans la mémoire du Père Noël comme une bonne année...

Les malheurs du Père Noël

© PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

La nuit de Noël, en faisant sa traditionnelle distribution de cadeaux au pied des nombreux sapins sous lesquels les enfants wallons avaient déposés une lettre de souhait, dans la précipitation d'une fin de tournée qui devait absolument être terminée avant le lever du jour, le père Noël est tombé lourdement en glissant sur le sol humide. Le Père Noël n'est plus tout jeune ni aussi souple qu'à 20 ans.

Après que ses assistants l'eurent aidé à se relever, il resentit une douleur lancinante à l'avant-bras droit.

Ses assistants jugèrent prudent de l'emmener au service d'urgence le plus proche.

Après avoir un peu patienté, il fut rejoint par un jeune médecin auquel il expliqua ce qui lui était arrivé. A sa grande surprise, le médecin auquel il sétait adressé en français, ne semblait pas du tout l'avoir compris et lui fit signe qu'il allait revenir avec une infirmière.

Le Père Noël se rendit assez vite compte que ce médecin était d'origine étrangère et que sa compréhension du français était rudimentaire. Heureusement, le Père Noël est polyglotte et, après avoir identifié la langue maternelle du médecin, s'adressa à lui dans cette langue. En examinant la radio qu'il avait demandée, le médecin annonça au père Noël que le radius était fracturé et qu'il allait poser un plâtre.

Pendant les 2 jours qui suivirent, le Père Noël reprit tant bien que mal ses activités mais, alors qu'il s'attendait à ce que la douleur diminue, celle-ci ne fit qu'empirer.

Inquiet, il tenta d'obtenir un rendez-vous dans un hôpital des environs. Aucune possibilité d'être vu par un orthopédiste avant mi-janvier. On l'informa cependant que les consultations privées à l'extérieur de l'hôpital offraient souvent la possibilité de rendez-vous urgents. A la première tentative, il obtint en effet un rendez-vous pour le lendemain dans une polyclinique toute proche.

L'orthopédiste qu'il y rencontra semblait compétent et lui consacra pas loin de 30 minutes pendant lesquelles une nouvelle radio fut réalisée et qui se solda par un diagnostique assez pessimiste : la fracture n'était pas franche et une intervention chirurgicale semblait inévitable. Le médecin proposa au Père Noël de le revoir le lendemain à l'hôpital afin de décider définitivement de l'opération et d'en fixer la date.

En quittant la polyclinique, le Père Noël s'acquitta d'un montant de 185 euros. La secrétaire lui remit une attestation de soins qu'elle lui conseilla de rentrer sans tarder à sa mutuelle pour obtenir le remboursement auquel il avait droit; le Père Noël s'étonna que cette attestation contienne uniquement les numéros de code des prestations dont il avait bénéficié, sans aucune mention de la somme dont il s'était acquité mais, pas certain de son fait, ne le mentionna pas à la secrétaire.

Comme convenu, il se rendit à l'hôpital le lendemain à l'heure convenue. L'orthopédiste rencontré la veille le reçu. Bizarrement, il avait l'air bien plus pressé que la veille et ne consacra qu'un peu plus de 10 minutes au Père Noël. Environ 2 minutes pour lui confirmer qu'il devrait bien être opéré et qu'il pourrait intervenir dès le lendemain. Puis le reste du temps pour expliquer au Père Noël que, compte-tenu de la nécessaire modification du programme opératoire pour l'intercaller, les frais liés à l'opération risquaient d'être importants mais que, bien entendus ils seraient couverts par l'assurance complémentaire.

Malheureusement, le Père Noël n'avait jamais imaginé un accident ou une importante complication de santé ; il était le Père Noël, tout de même !

Par ailleurs, ses modestes revenus ne lui permettaient pas d'affronter d'importants frais médicaux. Il s'en ouvrit au médecin.

Celui-ci parut embarrassé et, après avoir semblé réfléchir quelques secondes, il dit au Père Noël qu'un de ses jeunes collègues, débutant mais très compétent, opérait la semaine suivante et pourrait sans doute réaliser l'opération sans frais supplémentaires. Il conseilla au Père Noël de voir çà avec le secrétariat du service.

Après en avoir brièvement parlé à ses assistants, le Père Noël préféra écourter un peu son séjour en Belgique et rentrer se faire traiter chez lui, en Laponie.

Pendant le voyage en traineau qui le ramenait chez lui, le Père Noël qui est quelqu'un d'optimiste et d'extrêmement positif se félicita que son accident se soit produit dans un pays réputé pour la qualité de ses soins de santé.

J'ai eu la grande chance de le rencontrer juste avant son départ et il m'a chargé de transmettre à toutes les lectrices et à tous les lecteurs du journal du médecin ses meilleurs voeux pour une très bonne année 2019 en pleine santé.