En quatre ans, le déficit du budget médicament a frôlé le milliard d'euros. "Les nouveaux médicaments, souvent très coûteux, provoquent un dérapage budgétaire. Et cela alors que la valeur ajoutée thérapeutique est souvent incertaine", dénonce le secrétaire général de la MC Jean Hermesse.

L'accord conclu par la ministre De Block avec le secteur pharmaceutique, qui prévoyait une croissance annuelle du budget de 0,5%, n'a pas suffi à compenser la hausse des dépenses nettes en médicaments de 9,3% entre 2015 et 2018, relève encore la mutualité. Une augmentation qui peut être attribuée à l'arrivée de nouveaux médicaments au développement souvent coûteux. "Ces dernières années, un certain nombre de mécanismes ont été mis en place pour mettre plus rapidement ces nouveaux médicaments sur le marché, ce qui a fortement impacté les dépenses dans le secteur pharmaceutique", explique la MC.

"Nous sommes bien sûr favorables au progrès (...) Mais ce n'est pas parce qu'un médicament est nouveau qu'il est forcément innovant", relève le secrétaire général. "Certains n'offrent pas ou peu de plus-value thérapeutique quand on les compare avec d'autres traitements disponibles. Entretemps, la sécurité sociale paie ces médicaments au prix fort."

Outre le fait qu'elle se base sur les résultats d'une enquête de la revue médicale indépendante "Prescrire International" pour étayer ses propos, la mutualité dénonce encore "le manque de transparence" du secteur pharmaceutique. "Les coûts de production et de développement d'un nouveau médicament sont rarement connus. Comment être certain dès lors que les prix de ces nouveaux médicaments soient toujours justifiés", s'interroge-t-elle.

Si le dépassement - devenu la norme - du budget des médicaments n'est donc pas une fatalité pour la mutualité, il "hypothèque" par contre "toutes les possibilités d'améliorations dans les autres secteurs (santé mentale, dentisterie, kiné, ...)."