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Entre-temps, la situation s'est améliorée. On est passé de plus de 4.000 lits fermés au plus fort de la crise, à 2.500 lits aujourd'hui. Mais quel est l'impact pour les médecins? (...) La semaine dernière, Antoine Clevers (La Libre Belgique) dressait une analyse de la situation suite à une réponse du ministre de la Santé à la députée Sofie Merckx. "On ne ferme des lits que contraints et forcés", commentait Pascal Mertens, DG de Vivalia. "Dans un premier temps, on peut réduire l'encadrement, mais à un moment, on n'a plus d'autre choix que de fermer des lits, sinon on met en péril la qualité des soins."Partant du principe que l'on ne rouvrira jamais la totalité de ces 2.500 lits en raison notamment d'une pénurie chronique d'infirmiers et du virage ambulatoire, quel est l'avenir? Qui dit moins de lits occupés, dit moins de possibilités pour les médecins hospitaliers de travailler. Pour les médecins indépendants, il s'agit donc d'une perte sèche de revenus, qui s'accumule de mois en mois depuis maintenant trois ans et demi. Personne n'en parle... Or, pour le gouvernement, cela signifie une diminution des dépenses. Réinvestit-il cet argent pour les médecins? En aucun cas. Par contre, pour ce qui est des hôpitaux, dont les recettes sont aussi en baisse en raison des nombreux lits fermés, et qui sont de plus en plus nombreux à plonger dans le rouge, le gouvernement répond présent pour tenter de diminuer leurs déficits. Jusqu'à quand va-t-on encore passer cette situation sous silence? On a encore pu s'en apercevoir dans la déclaration de politique générale du Premier ministre qui ne contient pas une seule fois le mot 'soignants'. Et pour nous, médecins? Que compte faire le gouvernement pour compenser cette activité réduite? Nous n'avons pas voulu cette situation. Nous sommes une des victimes collatérales. Nous ne demandons pas mieux que de pouvoir soigner nos patients dans de bonnes conditions et gagner notre vie proportionnellement au nombre d'années que nous avons passées à étudier.