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Le genre, l'âge, la situation professionnelle ou familiale, l'état de santé ou encore la capacité financière sont autant de facteurs susceptibles d'influencer le renoncement. À ces déterminants sociologiques viennent se juxtaposer des paramètres d'ordre politique. L'accessibilité financière d'un soin dépend ainsi du niveau d'intervention de l'assurance maladie obligatoire, des honoraires, des mécanismes de remboursement mis en place (avance sur honoraire, tiers payant), du taux de conventionnement, du déploiement de protections spécifiques pour les publics précarisés, etc. Ces paramètres expliquent notamment que certains soins connaissent des taux de renoncement systématiquement plus élevés que les autres. "Si l'on devait décerner un Oscar du renoncement, il irait à n'en pas douter aux soins dentaires", explique ainsi l'Institut Solidaris. "Nos études sur le conventionnement ont notamment pointé le problème d'accessibilité géographique aux soins dentaires conventionnés et montré la détérioration chronique de son offre."L'Institut se base en outre sur le récent rapport du KCE concernant "la performance du système de santé belge" (lire JDM n°2770). Ce rapport indique, entre autres, que les contributions personnelles en pourcentage des dépenses courantes s'élèvent à 65% pour les prestations dentaires, contre 34% pour les autres soins ambulatoires. Au-delà des soins dentaires, l'Institut Solidaris démontre, par le biais de son baromètre confiance bien-être, que l'accessibilité physique perçue aux soins est en déclin. En 2015, plus de trois quarts des personnes sondées estimaient avoir suffisamment de professionnels de santé dans leur région. En 2023, ils sont seulement un peu plus d'une personne sur deux. De la même façon, plus de huit personnes sur dix estiment que le temps d'attente pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste est trop long. Ce chiffre a augmenté de 13% en l'espace d'un an. "Il est intolérable que des inégalités sociales en matière d'accessibilité aux soins de santé persistent et s'accentuent année après année dans un pays économiquement avancé comme la Belgique et dont le système de soins de santé est pointé comme un des meilleurs au monde", commente l'Institut Solidaris. Pour pallier la problématique, ce dernier propose d'agir sur les paramètres politiques "pour mener une politique de santé socialement juste".