...

ART-Gallery.be repose aujourd'hui sur quatre piliers : une plateforme de vente en ligne (le point de départ de l'aventure), une galerie sur la digue de Knokke, une section Art à louer et, récente acquisition, une plateforme de vente aux enchères en ligne. " Enfant, mes parents m'ont emmené dans des expos partout dans le monde. Ca a vraisemblablement laissé des traces ", déclare le Roulersien Pieter Pareit, le sourire au lèvres. Notre homme est fondateur et gestionnaire d' ART-Gallery.be. " Alors que j'étais encore un bleu en informatique, je passais mes nuits à concevoir la plateforme d'art ART-Gallery.be sur un ordinateur primitif. Le nom de domaine n'était même pas pris, vous imaginez ? J'ai débuté avec six oeuvres graphiques de Panamarenko, achetées pour une bouchée de pain à l'époque. " ART-Gallery.be accueille aujourd'hui quelque 4.000 oeuvres, principalement des peintures et des oeuvres graphiques, conservées dans un dépôt de Meulebeke. Aux côtés de certains artistes internationaux de renom, de nombreux représentants de la scène belge contemporaine sont ici réunis : Pierre Alechinsky, Jan Fabre, Luc Tuymans, Rinus Van de Velde, Michaël Borremans, Koen Van Mechelen, ainsi que des valeurs sûres des générations précédentes : Pol Mara, Magritte & Delvaux et surtout Raveel et Panamarenko, deux artistes avec qui la galerie a tissé des liens particuliers. Cette année, la galerie proposera à nouveau des oeuvres de Panamarenko, à l'occasion de son 80e anniversaire, certes posthume, puisque l'artiste nous a quittés au printemps dernier. Au programme de 2021, un focus Roger Raveel, qui aurait eu 100 ans l'année prochaine. Et ce n'est pas tout. Pieter Pareit trépigne déjà quand nous prononçons les mots street et art. Outre les oeuvres de Keith Haring, Panamarenko et Alechinsky, la galerie de Knokke étonne aussi par la présence conséquente d'une génération de jeunes artistes, qui ont d'ailleurs plus de résonance à l'étranger que dans leur propre pays. On y retrouve ainsi le travail de l'autodidacte Klaas Vanderperren, mais aussi celui de Joachim et d'Oli-B. Les deux derniers viennent du graffiti et du street art, mais se sont frayés un chemin jusque dans le marché traditionnel de l'art. " Normalement, vous auriez aussi trouvé ici des oeuvres de l'artiste anversois Steve Locatelli, mais toutes ont été vendues ", explique Pieter Pareit. " Oui, les affaires sont dures. Notre problème n'est pas de vendre les oeuvres, mais plutôt d'en avoir suffisamment à disposition. Nous achetons aux artistes eux-mêmes, mais aussi aux collectionneurs privés et aux salles de vente. " Le point commun des quatre artistes précités, c'est la couleur (l'explosion de couleurs même ! ), dans une expression formelle abstraite chez Oli-B, plus expressionniste chez Joachim, alors que Vanderperren marche plutôt dans les pas du mouvement Cobra. Quant à Locatelli, celui-ci se fascine pour le crâne humain, métaphore de la fragilité de la vie. Des oeuvres intrigantes qui, grâce à ART-Gallery.be et à d'autres galeries étrangères, ont été reprises dans de nombreuses expositions et trouvent petit à petit le chemin des musées. De nombreuses oeuvres trouvent acheteur par le biais de la location. " La location d'art aboutit souvent à un achat. La location se fait à l'année et le prix est déduit de l'éventuel achat ", poursuit Pieter Pareit. " Grâce à notre plateforme en ligne et notre nom de domaine, la réponse du public est énorme. " L'informaticien refait ici surface : " Nous accueillons, chaque jour, environ 3500 visiteurs sur le site, venus du monde entier. Regardez la carte : seule la plus grande partie de l'Afrique, le Groenland et les îles indonésiennes restent encore blanches. Mesurer, c'est savoir ! Cela permet de savoir dans quel pays on clique le plus : la Belgique donc, suivie des Pays-Bas, de la France, des USA, de l'Allemagne, etc. Vous pouvez aussi voir quel-le-s artistes ont le plus la cote : 1. Panamarenko, 2. Roger Raveel, 3. Pierre Alechinsky, 4. Luc Tuymans et puis Banksy, Herman Brood... Cela permet enfin de se rendre compte que de jeunes artistes et street artistes belges entrent aujourd'hui dans le top 20 ou 30. " Du street art sur toile ? Voilà qui peut paraître contradictoire. " Et ça l'est d'ailleurs ", confirme Pareit. " C'est aussi la preuve que la ligne entre street art et art contemporain est devenue très ténue. " Elle l'est même depuis les années 80, avec des figures emblématiques comme Keith Haring et Jean-Michel Basquiat qui, d'un point de vue sociétal, entendaient amener l'art dans la rue, mais se sont finalement aussi retrouvés dans les musées et les salles de ventes." L'art n'est pas forcément cher . " Les prix varient entre 100 et, pour une sculpture de l'illustre artiste français Bernard Venet par exemple, 350.000 euros". Il y en a pour toutes les bourses. La location d'oeuvres a elle aussi contribué à la démocratisation du marché de l'art. De jeunes familles ont ainsi pu accueillir dans leur intérieur une pièce de valeur, et ce pour une somme mensuelle modique. Le phénomène de la location était récemment en recul après une explosion dans les années 80 et 90, mais connaît aujourd'hui un regain d'intérêt. " Notre formule locative peut s'étendre à un mois ou à une année. Au cours de cette période, l'oeuvre peut être achetée, diminuée du prix de location déjà payé ", explique Pieter Pareit. " Nous ne prêtons généralement pas d'oeuvres pour des événements d'entreprise. Nos clients sont des passionnés d'art, mais aussi des entreprises. Certains aiment le changement, la plupart des clients louent une oeuvre, dans l'intention de l'acheter par la suite, et veulent surtout s'assurer qu'elle se marie bien avec leur intérieur. Nous réalisons pour eux une simulation, assurons le transport, accrochons l'oeuvre et l'assurons. Les sculptures s'abîment plus facilement qu'une peinture accrochée au mur. C'est pourquoi nous avons pratiquement arrêter d'en louer. Et oui, bien entendu, nous avons de nombreux médecins parmi nos clients, qui louent ou achètent des oeuvres pour leur cabinet ou leur maison. La plupart des clients nous contactent par le bouche-à-oreille. Et c'est pour nous un vrai compliment. "