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Dans le cadre de cette enquête, tous les hommes gays, bisexuels ou hétérosexuels ayant des rapports sexuels réguliers avec des hommes fréquentant la clinique de santé sexuelle de l'hôpital St George à Londres ont été interrogés sur leur santé mentale, leur consommation de drogues et d'alcool et le chemsex. Entre janvier 2014 et septembre 2017, un homme gay sur cinq fréquentant ce service a révélé avoir pratiqué le chemsex. La définition du chemsex selon la clinique était l'utilisation de l'une des drogues suivantes pour faciliter, améliorer ou pimenter les relations sexuelles : méthamphétamine, GHB/GBL, méphédrone, kétamine, MDMA, cocaïne ou amphétamine. La plupart de ceux qui ont déclaré pratiquer le chemsex ont plutôt consommé les trois premières drogues et ont souvent consommé plusieurs substances en même temps. Les hommes pratiquant le chemsex ont ensuite été interrogés plus précisément sur les méfaits et les conséquences indésirables associés à leur consommation de drogues. La proportion signalant des préjudices a ensuite été comparée entre les hommes qui ont consommé de la méthamphétamine durant le chemsex et les hommes qui ont consommé d'autres drogues (principalement le GHB/GBL et la méphédrone) pendant le chemsex. Les résultats obtenus confirment la méthamphétamine comme la substance la plus nocive utilisée dans le cadre du chemsex:Au final, 84% des utilisateurs de méthamphétamine reconnaissent des conséquences négatives liées à leur addiction, vs 47% des utilisateurs d'autres substances dans le cadre du chemsex.D'autres données intéressantes, recueillies dans le cadre de cette enquête, viennent confirmer les ravages induits par l'addiction à la méthamphétamine. Ainsi, ils étaient neuf fois plus susceptibles de s'injecter des drogues, six fois plus susceptibles de se fister et quatre fois plus susceptibles de partager des jouets sexuels, chacun de ces comportements étant associé à un risque accru de transmission de l'hépatite C, du VIH ou d'une IST. Les utilisateurs de méthamphétamine étaient enfin trois fois plus susceptibles de recourir aux services réguliers de prostitués, voire de se prostituer eux-mêmes et deux fois plus susceptibles de contracter une infection sexuellement transmissible que les hommes pratiquant le chemsex au moyen d'autres drogues.Réf: Pakianathan M et al. Poster P75, 4th Conference British HIV Association (BHIVA) and British Association for Sexual Health and HIV (BASHH), Edinburgh.