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L'utilisation de Soliris à titre préventif ne peut pas entrer en ligne de compte dans le cadre d'un remboursement classique selon l'avis rendu le 31 mars dernier par la CRM, dont Maggie De Block a pris connaissance.La ministre des Affaires sociales et de la Santé publique a adressé un courrier à la société américaine Alexion, qui commercialise le médicament, afin de notifier qu'il n'existe pas " suffisamment de preuves scientifiques selon lesquelles le médicament fonctionne à titre préventif avant et après une greffe de rein chez les patients souffrant de la maladie rare SHUa ". Il ressort de l'analyse de la CRM qu'au cours des dernières années, aucune étude n'a été publiée sur l'utilisation préventive de Soliris. La ministre invoque dès lors le principe de précaution " dans l'intérêt de chaque patient " dans un communiqué envoyé ce vendredi.Il convient de noter que la loi permet néanmoins de recourir à une procédure spécifique pour parvenir à une solution: l'article spécial 81 de l'arrêté royal du 21 décembre 2001 relatif au remboursement des médicaments prévoit la possibilité d'entamer une négociation entre l'INAMI et la société. Il en découle généralement une convention temporaire dans laquelle une baisse du coût est négociée et la société s'engage à collecter des données supplémentaires. L'accord donne lieu à un remboursement conditionnel et, dans les trois ans, l'INAMI évalue le dossier.Seule la société concernée peut entamer les négociations concernant cet article spécial. " La balle est donc dans le camp d'Alexion ", conclut la ministre De Block.Après ce week-end des 4 et 5 avril, la société Alexion dispose encore de 7 jours pour décider si elle accepte l'invitation de la ministre à lancer la procédure spéciale.