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Le programme LEA est axé sur les besoins des patients, de leur famille, des aidants proches ainsi que des professionnels de la santé. Le fardeau psychologique extrême auquel sont confrontés les patients souffrant de cancers digestifs métastatiques est encore trop peu pris en compte. Pourtant, un accompagnement psychologique approprié influence significativement le pourcentage de guérison. Fort de ce constat, le laboratoire Servier a mis sur pied le programme ambitieux "LEA", en collaboration avec Talk Blue Vlaanderen, une association de patients atteints d'un cancer intestinal, ainsi qu'avec l'association européenne de patients, Digestive Cancers Europe (DiCE). "Depuis la mise sur le marché d'un premier médicament oncologique par Servier en 2017, nous avons cherché comment nous pouvions aider davantage ces patients, au-delà du traitement médicamenteux", explique Valérie Van Der Linden, medical advisor oncology chez Servier et chef de projet. "Nous avons donc pris directement contact avec les associations de patients afin de mieux cerner les besoins de ces derniers, mais aussi de leurs aidants proches. Pour le développement concret du projet, nous avons aussi sollicité l'avis de médecins, onco-coachs et psychologues. "LEA" est l'acronyme de Listen, Explain and Act. "Nous avons écouté les patients, qui nous ont expliqué leurs besoins, ensuite nous sommes passés à l'action." Le programme LEA s'articule autour de trois volets. Le premier, " Connect-me", est directement axé sur le patient. "Nous avons compris que les patients ont énormément besoin de communiquer entre eux et de se soutenir mutuellement. En effet, certains sont moins enclins à se confier à un psychologue, qui n'a pas forcément été personnellement confronté à un cancer. Par ailleurs, il semble plus difficile pour le patient de solliciter un soutien psychologique lorsqu'il a quitté l'hôpital. Nous souhaitions donc proposer une aide accessible à tous, mais qui puisse aussi être reproductible. L'objectif est d'organiser, en collaboration avec des associations ou des hôpitaux, des conférences consacrées aux divers problèmes psychosociaux, suivies de discussions de groupe. En raison du Covid 19, la mise en oeuvre de ce projet a malheureusement dû être reportée à cette année, et nous avons dû organiser la première session de façon virtuelle. La prochaine se déroulera en revanche en collaboration avec la FAPA, association qui soutient les personnes atteintes d'une affection intestinale héréditaire et leurs prestataires de soin, avec des conférences proposées tant en néerlandais qu'en français. Par la suite, ces sessions pourront être visionnées sur le site www.lea-timetolisten.be." Le deuxième volet du programme LEA a pour nom "Support-me". Une chaîne de podcasts présente des témoignages montrant l'importance des aidants proches. "Ils sont au centre de ce volet car ils sont aussi fortement impactés par la maladie alors qu'ils n'ont accès qu'à peu de ressources de soutien. Le but est de s'aider mutuellement en générant des idées positives, et ainsi, d'améliorer la résilience." Le site web propose désormais des podcasts tant en français qu'en néerlandais. Le dernier volet du programme s'intitule "Coach-me". Il consiste à former les médecins et le personnel infirmier à mener des entretiens annonçant au patient de mauvaises nouvelles. "Nous avons découvert que ces entretiens pouvaient être fortement améliorés. Lors d'une émission radio durant laquelle nous avons présenté notre projet, des patients ont pu nous appeler en direct. Étonnamment, tous ont signalé avoir, lors des entretiens avec leur médecin, rencontré des problèmes lors de l'annonce de leur cancer. Quant aux médecins spécialistes, ils nous ont également fait savoir qu'une formation sur le sujet serait utile." C'est pourquoi Servier organise à intervalles réguliers, avec le Centre de Simulation Médicale de l'ULiège, une formation accréditée d'un jour: les médecins et le personnel infirmier spécialisé en oncologie y exercent leurs compétences de communication verbales et non verbales dans le contexte de l'annonce de mauvaises nouvelles. Cette formation s'articule autour de trois volets. Dans le premier, le médecin ou l'infirmier doit s'adapter à la réaction d'un patient virtuel (un avatar), conçu par le Centre de Simulation Médicale de l'ULiège. Vient ensuite un jeu de rôle (médecin-patient) réalisé avec un collègue, ainsi qu'une consultation effectuée avec un acteur professionnel qui incarnera des patients avec différentes personnalités. Ces séances se déroulent en petits groupes de 6 à 10 participants. "Nous organiserons ces séminaires pour les services oncologiques des hôpitaux intéressés." Enfin, le laboratoire Servier finance également une étude clinique, au sein de l'ULiège, visant à évaluer l'impact de l'avatar dans la formation à l'entretien d'annonce de mauvaises nouvelles.