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Tout d'abord, un grand bravo aux organisateurs de l'ELCC 2023 qui ont pris l'initiative d'inviter les récipiendaires du prix annuel Heine Hansen attribué lors des éditions virtuelles des années 2020, 2021 et 2022. Félicitations à tous les lauréats avec une pensée particulière pour notre compatriote Johan Vansteenkiste récompensé en 2021 pour l'ensemble des contributions apportées à la recherche sur le cancer du poumon.Bilan jusqu'à ce jourDans sa lecture "Traitement du mésothéliome : du désespoir à l'espoir" Paul Baas a retracé l'évolution du traitement médicamenteux, lequel en l'espace d'un quart de siècle environ est passé d'aucun traitement véritablement efficace (taux de réponse faibles et durée de réponse relativement courte) à la formidable effervescence d'aujourd'hui génératrice d'espoir. Le premier succès remonte au début des années 2000 avec la constatation que l'ajout du pemetrexed au cisplatine améliorait la réponse au traitement. Mais ensuite, peu pour ne pas dire aucun progrès notoire pendant nombre d'années... En fait jusqu'à l'arrivée de l'immunothérapie dans notre arsenal thérapeutique et l'approbation réglementaire d'une nouvelle approche de première ligne des mésothéliomes non résécables sous la forme d'une association de nivolumab (anti PD-1) et d'ipilimumab (anti-CTLA-4) qui s'est révélée particulièrement efficace dans les formes non épithélioïde (étude CheckMate 743).Regard vers l'avenirS'appuyant sur ce succès, plusieurs études testent désormais diverses combinaisons d'immunothérapie avec la chimiothérapie cytotoxique et avec d'autres agents, notamment des anti-angiogéniques qui pourraient améliorer l'immunogénicité du microenvironnement tumoral. La recherche de biomarqueurs permettant de repérer les groupes de patients les plus susceptibles de bénéficier de l'immunothérapie est également en plein essor.Au-delà de l'immunothérapie, sont également explorées d'autres approches c• Thérapies ciblées (ciblage des mutations du gène suppresseur de tumeur BAP1 et interférence avec la signalisation aberrante de hedgehog par exemple). • Recherche par screening haut-débit de drogues existantes pouvant être réorientées vers le traitement du mésothéliome (un poster consacré à cette technique et utilisant des cellules fraichement recueillies chez des patients a été primé lors de l'ELCC 2023, A laure et al. P137).• Modulation des effets des anciens médicaments cytotoxiques (des données précliniques suggèrent que l'éviction des histones de la molécule de doxorubicine permet de conserver l'activité cytotoxique sans les effets secondaires limitants, tels que la cardiotoxicité).Un gros bémol En dépit de tout cet espoir distillé par Paul Baas, le principal défi reste celui de la prévention du mésothéliome, car l'amiante continue d'être extraite en grandes quantités et souvent maniée dans des conditions n'offrant aucune sécurité.