Vincent Claes
Vincent Claes
Rédacteur en chef journal du Médecin
Opinion

26/05/17 à 01:30 - Mise à jour à 24/05/17 à 09:18

Impartial, l'arbitre ?

On dit souvent que le médecin-chef est un arbitre sans sifflet. Avec la création du poste de médecin-chef de réseau, son territoire va passer du terrain de foot à l'ensemble du championnat. Est-ce réaliste? Surtout si les équipes n'ont pas envie de jouer le jeu...

Lors de la récente réunion de l'Association des médecins-chefs francophones (AMCF), cette question était à l'ordre du jour. Nombre d'entre eux se déclaraient favorables à la constitution d'un collège de médecins-chefs plutôt qu'à la désignation de super médecins-chefs pour les 25 réseaux qui vont se constituer (lire en page 4).

Comment trouver un médecin-chef qui soit au-dessus de la mêlée, qui développera son réseau sans porter atteinte à l'un ou l'autre de ses membres, en fonction de quels critères ce médecin-chef sera-t-il désigné? Lorsqu'il faudra fermer des unités, regrouper des activités, choisir où investir... il y a de fortes chances que des tensions se feront sentir. Il faudra un arbitre impartial. D'autant plus qu'il est clairement indiqué dans la note réseau de la ministre que "la compétence décisionnelle du médecin-chef du réseau primera sur celle des médecins-chefs des hôpitaux participants et y sera opposable."

Un Conseil médical de réseau devra aussi être créé (lire la tribune libre de Jacques de Toeuf, vice-président de l'Absym). Dans cette assemblée, la concertation entre toutes les parties ne sera pas non plus une partie de plaisir.

La question de la gouvernance se posera aussi pour la direction générale de l'hôpital. Si elle s'incarne en une seule personne, à la tête de plusieurs hôpitaux contraints de s'associer, ne devrait-on pas considérer que la réforme du paysage hospitalier va accoucher de 25 méga-hôpitaux plutôt que de 25 réseaux hospitaliers?