Sanofi regrette les taux bas de vaccination contre la grippe

28/09/17 à 11:00 - Mise à jour à 16:04

Source: Le Journal Du Médecin

Sanofi Pasteur, spécialisé en solutions vaccinales, regrette le faible taux de vaccination contre la grippe chez les personnes à risque en Belgique. " Le taux de vaccination chez les patients à risque, les personnes qui sont en contact avec eux et les professionnels de la santé est trop faible en Belgique. La moitié des patients diabétiques sont sans vaccin antigrippal en hiver ", constate le laboratoire qui a fait interviewer trois spécialistes de terrain.

Sanofi regrette les taux bas de vaccination contre la grippe

© BELGAIMAGE

"Alors que la saison grippale belge précédente s'est avérée modérément grave, avec un pic début février, l'hémisphère Sud est actuellement confronté à une saison grippale virulente. Serait-ce là un présage de ce qui nous attend ? Difficile à dire pour l'instant, mais on peut toutefois en tirer des leçons", pointe Sanofi Pasteur.

Qui a interrogé Marc Van Ranst, professeur de virologie et épidémiologie à la KU Leuven : "Il est impossible de prédire exactement quand commencera la prochaine saison grippale, quelle souche de la grippe dominera, ni quelle sera la gravité de l'épidémie. L'activité grippale dans l'hémisphère Sud donne cependant parfois une indication de ce qui nous attend dans l'hémisphère Nord. L'Australie a eu affaire à une saison grippale virulente, avec une prédominance des souches influenza A/H3N2 (70 %) et influenza B/Yamagata, une variante qu'on ne retrouve pas dans le vaccin trivalent cette année. Sur la base des données disponibles en février, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a plutôt opté pour la souche B/Victoria mais la souche Yamagata se retrouve bien dans le vaccin quadrivalent."

Vaccination par altruisme

La vaccination est fortement recommandée surtout chez les personnes exposées à un risque de complications, comme les femmes enceintes, les plus de 65 ans, les malades chroniques comme les patients diabétiques, les personnes souffrant de maladies cardiaques, rénales, hépatiques ou pulmonaires chroniques, les patients atteints de troubles immunitaires ou d'une affection neuromusculaire, les enfants qui suivent un long traitement à l'aspirine, les personnes en surpoids, ou encore les personnes qui séjournent en institution.

L'OMS et le European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) recommandent un taux de vaccination de 75 % chez les patients à risque. "La Belgique n'affiche qu'un modeste taux de 44 % chez ce groupe de patients, et même plus bas chez les professionnels de la santé", constate le communiqué. "Alors que le taux enregistré chez les patients belges de plus de 65 ans est encore de 60 %, chez les personnes à risque de moins de 55 ans, le taux n'atteint même pas 20 %."

"Il y a clairement encore beaucoup de pain sur la planche et, en tant que médecins généralistes, nous avons un rôle crucial à jouer en la matière", explique le Dr Aurore Girard de la SSMG. "Il ne s'agit pas seulement d'augmenter le taux de vaccination chez les patients à risque, il faut aussi l'accroître chez les personnes qui vivent sous le même toit et chez les professionnels de la santé, comme le recommande également le Conseil Supérieur de la Santé. Car même si la maladie ne provoque généralement pas de complications chez ces personnes, celles-ci peuvent transmettre la grippe et exposer ainsi inconsciemment et involontairement les groupes à risque à des risques plus élevés..."

Taux de vaccination des jeunes patients diabétiques très faible

Il ressort d'une enquête en ligne menée auprès de 545 patients diabétiques belges qu'à peine un peu plus de la moitié d'entre eux se sont fait vacciner tous les ans au cours des 5 dernières années. Alors que le taux atteint 74 % chez les plus 65 ans, chez les jeunes de moins de 30 ans, il n'est que de 26 %. "Il subsiste donc encore une belle marge d'amélioration pour les patients diabétiques. La vaccination contre la grippe peut être vitale pour eux, car ils courent six fois plus de risque d'être hospitalisés et trois fois plus de risque de décéder de la maladie", conclut Ann Mertens, professeur d'endocrinologie de l'UZ Leuven.