...

Autodidacte à 100%, il a appris les astuces du métier avec des amis-collègues avec lesquels il s'est perfectionné. " Lorsque j'étais jeune, je ne pouvais pas m'imaginer que je gagnerais ma vie avec le street art. Et maintenant je peux. Il y a une dizaine d'années, le street art est devenu très branché. Nous avons reçu beaucoup de propositions du monde de la pub, des commandes pour des murs aussi et j'ai voyagé dans le monde entier. Mais il y a cinq ans, j'ai eu un déclic : je voulais créer quelque chose de permanent, et je voulais travailler sur des toiles. Le street art est le nouvel art contemportain. "Locatelli a un atelier sur la petite île à Anvers, dans un immeuble mis à la disposition des artistes. Son atelier pourrait être une installation de Ilya Kabakov. L'espace est remplit de bombes aérosols de toutes les couleurs, et de ses oeuvres récentes. Il y a des sculptures de peintures qui sont faites avec du gel de structure appliqué en couche épaisse pour que les oeuvres prennent de la profondeur : en 3D. De plus, une série de panneaux avec des clous sur lesquels une silhouette avec du fil de laine a été créée. " Noir ou blanc, homme ou femme, le crâne ne fait pas la différence. Le crâne est universel. C'est peut-être d'ailleurs ça qui attire les gens qu'ils soient jeunes ou vieux. De temps en temps, des personnes m'amènent même un crâne. Je dois admettre qu'un tel crâne m'apporte de la tranquillité. " L'épouse de Steve, Jera est la propriétaire de la galerie Artifex Gallery située à " Oude Koornmarkt " à Anvers où les oeuvres de Locatelli se vendent comme des petits pains. Les galeries d'art à Knokke, Londres, Paris, Cannes, Dortmund... se battent pour acheter ses oeuvres. " Mais de temps en temps, ça me démange et j'ai envie de refaire un mur avec des amis dans l'une ou l'autre zone désaffectée que l'on trouve aujourd'hui dans chaque ville. Avec d'autres artistes, c'est ce que j'ai toujours fait. C'est ainsi qu'on apprend des nouvelles techniques et matériaux, avec les autres. "Steve Locatelli est connu du grand public grâce à ses oeuvres présentées à la "Canvas collectie" en 2007. Il a été qualifié pour la finale avec l'oeuvre The Kid Soldier, une oeuvre en fonte qui porte un message. Elle a été exposée d'ailleurs à Bozar à Bruxelles. Steve Locatelli, c'est votre vrai nom ? "O ui tout à fait. Je suis originaire d'Italie, de Locatello plus précisément, un petit village près de Bergame. Tous les dix ans, tous les Locatelli du monde entier se réunissent pour faire une fête au stade de foot d'Atalanta de Bergame. Nous y sommes allés une fois avec la famille, il y avait 2.000 Locatelli ! C'était très intéressant. "