Tout sur Pedro Facon

Administrateur-général adjoint de l'Inami depuis le 11 avril, l'ancien Commissaire corona et chef de cabinet "soins de santé" de Maggie De Block, Pedro Facon, lève un coin du voile sur ce que seront ses lourdes missions dans un avenir proche et moins proche.

"Dans le secteur des soins de santé, il faut laisser de la place à l'imprévu. Comment organisez-vous l'accueil des victimes d'un accident ferroviaire ou d'un incendie d'une usine? Une analyse Swot préalable est nécessaire. Si un problème survient, la solution doit déjà être en place."

Le 11 avril, Pedro Facon quitte sa fonction de commissaire corona pour devenir, après une procédure de sélection qu'on dit particulièrement rigoureuse, administrateur général adjoint de l'Inami. Ancien chef de cabinet "soins de santé" de Maggie De Block, il a déjà travaillé par le passé huit ans à l'Inami. Il ne devrait donc pas être dépaysé.

Le 13 mars dernier, une session de " questions-réponses " pour la presse de la Task force vaccination a semé le doute. Une phrase est en cause : " En cas de refus de la vaccination, le citoyen ne recevra plus d'invitation et il ne pourra plus bénéficier de la vaccination dans le cadre de la campagne. " La levée de bouclier du Collège de médecine générale (CMG) ne s'est pas faite attendre, ce dernier jugeant cette philosophie du " maintenant ou jamais " inacceptable. Heureusement, la vérité semble plus nuancée.

Il a manqué énormément de choses à la Belgique pour affronter la crise : pas de plan pandémique, pas d'unité de commandement, des politiciens hors-sol engoncés dans leur sous-régionalisme, un système sanitaire qui ressemble à un rubik's Cube multicolore, pas de communication centralisée, une population et des médecins paumés... Et ça continue, hélas. Le président de la SSMG a livré un diagnostic sévère à la Chambre.

Le Conseil général a approuvé à l'unanimité ( ! ) une proposition d'épure dont les lignes essentielles avaient été tracées la semaine précédente par le Comité de l'assurance (lire notre dernière édition). Le CG s'est accordé sur un budget de 30.073,50 millions d'euros exactement. Il comprend peu ou prou les rattrapages des dépenses excédentaires dues au Covid-19 dont il est difficile à ce stade d'évaluer l'impact réel identifié à hauteur de 1,4 milliard pour le premier semestre 2020. Ces 30 milliards devraient permettre de rencontrer les objectifs de réforme des soins de santé.

L'Absym organisait samedi 3 octobre un mini-sympo, avec le support de notre confrère Le Spécialiste, au sujet des avances que l'Inami consentira aux hôpitaux qui ont perdu des plumes pendant la crise pandémique. Le gratin de l'Inami et de la Santé publique était là. On parle de deux milliards d'euros d'indemnités au maximum, tant pour les hôpitaux généraux que psychiatriques. Pour l'essentiel, les compensations Covid aux médecins seront réparties par les Conseils médicaux ou les instances qui en tiennent lieu.

Pedro Facon, directeur général Santé au sein du service public fédéral (SPF) Santé publique, a été désigné au poste de commissaire du gouvernement en charge de la gestion de la crise du coronavirus.

" Des investissements supplémentaires dans les soins de santé ne peuvent être un chèque en blanc, mais doivent s'accompagner de réformes. L'agenda est là : organisation des soins, financement et professions des soins. " Voilà comment le haut fonctionnaire Pedro Facon pose le décor.

Quatre hauts fonctionnaires sont prêts à retrousser leurs manches pour mener une réforme approfondie des soins de santé. D'ici à la prochaine législature en 2024, ils entendent élaborer une série de scénarios possibles. À condition toutefois que le politique leur donne un mandat clair.

Après trois ans, voici enfin un successeur à Ri De Ridder au poste de directeur général du service soins de santé de l'Inami. Son nom: Brieuc Van Damme, ancien chef de cabinet adjoint de la ministre De Block. Il ne reste plus qu'un détail à régler; il faut un gouvernement de plein pouvoir pour approuver sa nomination.

" Sur les plans politique et sociétal, les soins de santé seront moins considérés comme un coût et davantage comme un investissement après le Covid-19. Bien sûr, de nombreux problèmes qui ont émergé ces derniers mois étaient déjà connus. "

Au 19e siècle et au début du 20e siècle, on a obtenu le plus grand gain de santé en travaillant dur pour améliorer l'hygiène. Nous sommes devenus trop laxistes en la matière. Pendant des décennies, il n'y a plus eu d'infections, et donc, nous l'avons un peu oubliée. Aujourd'hui, nous y sommes à nouveau confrontés."

" Les concepts de prévention des infections et de contrôle des infections sont absolument nécessaires dans toutes les formations de médecine et de soins, même chez les médecins. Il faut beaucoup plus d'espace, d'attention et de compréhension pour ceux-ci : cela doit faire partie de la culture de soins. "

" Tous les hôpitaux sont tenus, en fonction de leur capacité, d'accueillir les patients Covid-19 suivant le principe de subsidiarité. Les malades ne sont donc pas concentrés et chacun agit conformément à son niveau, mais les cas ne sont pas non plus éparpillés. Au sein des hôpitaux, chacun continue tant qu'il en est capable. "

La sortie du livre " Goed Ziek " de l'ancien patron de l'Inami, le Dr Ri De Ridder, dans lequel il fait une évaluation tranchée de notre système de santé, n'est pas passée inaperçue dans la presse flamande. Les points névralgiques centraux qu'il évoque sont bien connus : surmédicalisation, fossé de santé énorme entre les pauvres et les riches, trop de médecine à l'acte ou encore manque de collaboration entre santé et bien-être.