Tout sur Mutualités chrétiennes

Deux études, l'une du KCE, l'autre des Mutualités chrétiennes, parues ce jeudi, soulignent l'usage trop important des antibiotiques dans notre pays. Une consommation supérieure à la moyenne européenne. Le KCE formule 21 recommandations pour améliorer la situation. De leur côté, les Mutualités chrétiennes constatent que " la diminution du remboursement des antibiotiques, instaurée il y a presque deux ans, n'a pratiquement pas diminué leur consommation ". Les médecins, plus que les patients, seraient à même de modifier les comportements.

" Le nombre d'utilisateurs d'opioïdes a augmenté de 32 % en 7 ans. Ces médicaments s'avèrent particulièrement efficaces pour traiter la douleur chez les patients cancéreux. Mais ils sont également de plus en plus souvent utilisés pour le traitement de douleurs chroniques d'origine non cancéreuse, comme les douleurs articulaires, les névralgies ou les maux de dos ", s'inquiètent les Mutualités chrétiennes.

Mr Hermesse, secrétaire général des Mutualités chrétiennes, veut plus de transparence dans le système des soins de santé. Il voudrait également limiter et lisser le revenu des médecins spécialistes, et cite l'exemple de 250.000 euros par an en faisant un parallèle avec la fonction publique. Quand je lis cela, je me dis que les termes " trumpisation de l'information " ont encore de beaux jours devant eux, voilà encore une affirmation provocatrice et qui me frappe tout d'abord par ce qu'elle sous-entend : la plupart des médecins gagneraient donc largement plus que 250.000 euros et il serait temps de limiter ces potentiels abus.

Le patron des Mutualités chrétiennes recommandait lundi dans Le Soir de limiter les revenus annuels des médecins spécialistes à un revenu normatif - par exemple 250.000 euros pour un travail égal. Et de se référer aux Pays-Bas où une loi fixe que celui qui est payé avec des moyens publics ne peut pas gagner plus qu'un ministre. Les médecins étant financés par l'État, les spécialistes devraient ne pas dépasser un certain plafond. Jean Hermesse estime qu'il est temps de briser ce tabou.

La dernière étude sectorielle Maha (*) révèle qu'un tiers des hôpitaux généraux (26 sur 83) étaient dans le rouge en 2016. C'est un plus que l'année précédente (32 sur 90). Les experts de Belfius constatent de fortes disparités tant au niveau de la structure que des performances financières des hôpitaux généraux.

La progression apparemment sans frein des personnes en incapacité de travail de longue durée inquiète les Mutualités chrétiennes. Ce qu'il faut bien considérer comme un fléau, avec près de 400.000 Belges concernés, faisait l'objet de la séance inaugurale de la MC-Academy la semaine dernière. Derrière ces arrêts de travail, le spectre de la précarité et le déséquilibre des comptes de la sécurité sociale. A méditer lorsqu'il s'agit de signer un certificat de maladie...

L'instinct de survie des hôpitaux semble entraîner des désavantages pour le patient (les suppléments) et pour la société (surconsommation). Supprimer les suppléments est à l'agenda de la ministre mais ils ne doiventpas être compensés, par effet boomerang, par des formes de paiements de la poche du patient ou à charge de la collectivité.

Les anti-cholestérols restent les médicaments les plus utilisés. 83% des patients démarrent leur traitement avec une version moins onéreuse mais si presque tous les patients le faisaient, les Mutualités chrétiennes calculent que l'Assurance maladie ferait une économie de 50 millions. Et les patients de 7 millions.

Alors que en Fédération Wallonie-Bruxelles, une réunion entre doyens et ministre de l'Enseignement supérieur pour sortir de l'impasse de la suspension du contingentement n'a rien donné étant donné la complexité juridique du dossier, les Mutualités chrétiennes se mêlent au débat. Le plus gros assureur du pays demande aux hommes politiques de prendre leurs responsabilités. Les MC soutiennent la répartition des quotas en faveur de la partie francophones mais " regrettent que la Communauté française n'ait pas réussi en 20 ans à limiter le nombre d'étudiants sans les sanctionner".