Tout sur Marcel Van der Auwera

"Nous devons évoluer vers une définition claire de ce qu'est un lit de soins intensifs", déclare le Pr Dominique Benoit de l'UZ Gent. Lorsqu'un patient Covid plus âgé prend la place d'un plus jeune dans une unité de soins intensifs, il ne s'agit souvent pas de justice distributive.

La solidarité s'organise pour venir en aide aux victimes de la guerre en Ukraine. L'Inami et les organismes assureurs ont rapidement mis en place une procédure, communiquée au corps médical, pour permettre la prise en charge de ces réfugiés et la couverture financière de leurs soins. Une nouvelle fois, les médecins vont devoir faire preuve d'une belle flexibilité pour appliquer les nouvelles règles.

"La profession médicale n'est pas une vocation mais l'implication est très forte depuis deux ans. Pendant la pandémie, nous avons fait ce que nous devions faire. Pour l'Ukraine, cette motivation est à nouveau présente. Cela mérite beaucoup de respect."

"Les problèmes respiratoires étaient au coeur de la pandémie. Nous le savions. Mais se préparer à un afflux important de réfugiés ukrainiens est plus difficile. Les images sont terribles mais la nature des maladies est inconnue."

Avez-vous aussi cette impression désagréable que depuis quelques années les crises s'enchaînent? Les attentats de Bruxelles et de Paris suivis par une pandémie de deux ans qui, à peine calmée, fait place à la guerre en Ukraine... tout cela sur un fond de prise de conscience de la nécessité de prendre des mesures climatiques à long terme pour sauver notre planète. "Où est le répit?", m'interpellait récemment le directeur d'un hôpital wallon. Parce que les soignants et les travailleurs du secteur hospitalier ont été impliqués dans la gestion de ces récentes crises et... devront continuer à l'être.

Si le variant Omicron du Covid-19 en vient à complètement perturber les soins, les patients traités pour le coronavirus n'auront plus la priorité, ressort-il d'un plan d'urgence pour les hôpitaux du SPF Santé publique.

Le CHU Mont-Godine a dû fermer six de ses 28 lits USI par manque de personnel. Le problème n'est pas l'affluence des patients Covid, mais l'absentéisme pour cause de maladie qui réduit les capacités de prise en charge. Cette situation n'est pas exceptionnelle. On estime qu'actuellement en Belgique 5% des lits USI sont "perdus", c'est-à-dire indisponibles pour accueillir un patient. La tendance est aussi notable dans les services normaux des hôpitaux, avec là aussi une capacité réduite.