Dr Virginie Huyghe

Quand j'étais assistante, je ne me rendais pas compte de l'implication que demandait réellement la gestion d'un cabinet et d'une patientèle. J'étais plus orientée sur certains aspects médicaux tels que : comment faire un bon diagnostic ? Comment améliorer ma technique ?

Pr Harry Bleiberg

Plus de trois mois que le virus rode. On le connaît mieux, on a freiné sa propagation. L'hôpital, groggy, se secoue et se demande encore si c'est réellement fini. Quelques pourcents seulement de la population sont immunisés. On commence à mettre le nez dehors, on retrouve des amis, ses enfants. Quelques magasins ont ouvert timidement leurs portes réorganisant le flux des clients et on commence à rêver d'un restaurant avec des proches. De quoi demain sera-t-il fait ? Y aura-t-il un traitement ? Trouvera-t-on un vaccin ? Va-t-il conférer une immunité opérante ? L'économie survivra-t-elle ? Rien n'est vraiment fini et nous voguons encore dans le brouillard.

Dr Carl Vanwelde

Une consultation en mutation rapide, comme jamais rencontrée jusqu'ici. Deux mois de contacts privilégiant le téléphone, et ensuite une reprise timide avec écran en plexi interposé, gel hydroalcoolique en préliminaire, distanciation physique et port de masque obligatoire sont en passe de modifier durablement le contact avec le patient.

Dr Nora Zekhnini

Le Dr Nora Zekhnini, médecin généraliste émet des réflexions par rapport aux recommandations actuelles de l'Institut Sciensano, qui vont, selon elle et références scientifiques à l'appui, à l'encontre des données de la science et de la sécurité des soignants et des citoyens.

Nicolas de Pape

Emmanuel André l'a reconnu dans Le Soir (9 mai) : depuis 2006 au moins, les autorités disposaient, suite à la grippe aviaire, de plans de préparation aux pandémies. Parmi d'autres, il existe un " Plan belge en cas de pandémie grippale ".

Jacqueline Herremans

Un minuscule virus, invisible à l'oeil nu, nous plonge dans la tourmente et nous fait perdre le nord. L'homme n'aime pas l'incertitude. Impossible de dire quand et comment nous allons être quittes de cette menace. Nous acceptons, parfois difficilement, les atteintes à nos libertés et ce, dans la perspective non seulement de nous protéger mais aussi de protéger les autres. Devons-nous pour autant renoncer aux droits et libertés que nous avons acquis en 2002 par l'adoption de ces trois lois fondamentales en droit médical relatives aux droits du patient, aux soins palliatifs et à l'euthanasie ? Certainement pas. Encore faut-il leur donner un sens dans cette crise.

Carte blanche

Dans le cadre du contrôle de la pandémie, le traçage des contacts est encadré par un arrêté royal daté du 4 mai 2020. Celui-ci créé une banque de données conservables trente ans dont les finalités opaques et les périls qu'elle fait courir aux libertés et droits fondamentaux ont été vertement critiqués par l'Autorité de protection des données. Sur le plan pratique et sanitaire, le dispositif tel qu'il est conçu place les médecins en situation de double rupture du serment d'Hippocrate et du secret médical. Et il met les patients dans une potentielle situation de dissimulation qui serait catastrophique pour la maîtrise de la pandémie. Pour des raisons aussi bien de démocratie que d'efficience sanitaire, il est donc impératif de le réviser d'urgence.

Michel Mahaux

Alors que l'épidémie de COVID-19 semble entrée dans une phase de régression et qu'un déconfinement progressif se met prudemment en place, de plus en plus de voix se manifestent, tantôt pour regretter ce qui n'a pas été fait, tantôt pour pointer du doigt ce qui aurait pu être mieux fait, tantôt pour critiquer l'organisation du déconfinement...

Dr Carl Vanwelde

Ce soir, une sourde inquiétude m'habite : une patiente, fiable habituellement, ne s'est pas présentée à son rendez-vous. Incident mineur dont je tente de saisir la signification : oubli simple, ou esquive volontaire d'une rencontre pressentie comme risquée ?

Dr Alain Destexhe

Le Dr Alain Destexhe, médecin formé en épidémiologie et ex sénateur a repris des consultations médicales dans la crise du coronavirus. Selon lui, il existe un décalage entre la gravité de l'épidémie et sa perception par le public. "Le dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire de Sciensano confirme cette analyse." Craignant une crise économique avec des conséquences sociales et sanitaires plus graves que l'épidémie actuelle, il plaide pour une reprise plus soutenue du travail et des activités médicales.

Dr Carl Vanwelde

La recherche d'un nom et d'une date me font tourner les pages de mon agenda et retrouver celle du 26 février 2020. La route des Vosges se déroule derrière nous, le Carnaval annonce Pâques. Pages sagement quadrillées comme une existence où tout est déjà programmé pour de longs mois, rencontres de famille, congrès, anniversaires, vacances, prise de retraite, déménagement. Une partition pour papier à musique qui ne tolèrerait aucune improvisation.

Collectif

La pandémie de Covid-19 ne nous met pas seulement sous pression financièrement, mais aussi psychologiquement. C'est déjà notre quotidien, mais nous le ressentirons également à long terme. Un retour au travail en toute sécurité est nécessaire pour que chacun puisse retrouver un bon équilibre. Nous devons nous pencher sur ce déconfinement, en collaboration avec les décideurs politiques et les partenaires sociaux. Pour tous ceux qui veulent et peuvent travailler, avec une attention particulière pour ceux qui sont plus vulnérables.

Pr Frédéric Thys

Les appels aux autorités par les différents acteurs de terrain se multiplient sans succès durant cette pandémie. Ces Cassandres modernes voient l'histoire des épidémies se répéter dans nos sociétés modernes. Et si le paradoxe de Stockdale était une boussole utile sur nos chemins quotidiens ?

Jean-Noël Godin

Jean-Noël Godin, directeur du Groupement belge des Omnipraticiens (qui s'exprime à titre personnel) évalue notre système sanitaire à l'aune de la crise pandémique historique que nous connaissons. Au menu : vision à court terme, éparpillement des compétences de santé, menace de confédéralisme et salaires trop bas.

Pour pouvoir participer aux concours du JM-club et avoir une chance de remporter un des prix, il faut être membre du Club du Journal du Médecin.