...

RAINBOW est une étude de phase 3, réalisée en double aveugle, comparant le traitement combiné ramucirumab et placlitaxel (PTX) versus placebo+PTX dans la prise en charge en seconde ligne de l'adénocarcinome métastasé de la jonction gastro-oesophagienne ou de l'estomac. Les patients avaient été traités au préalable par une combinaison contenant une platine et de la fluoropyrimidine. Comme l'a rappelé, Hansjochen Wilke (Allemagne) le traitement de seconde ligne confère habituellement, dans ce type de cancer, une survie de 5 mois environ. Les facteurs de croissance vasculaires sont impliqués dans bon nombre de mécanismes de croissance tumorale. Ainsi, il a été démontré que le VEGF-2 et son récepteur peuvent contribuer à la pathogénèse du cancer gastrique. Le ramucirumab est un anticorps monoclonal humain dirigé contre le récepteur du VEGF-2. Le choix du paclitaxel dans cette étude a été guidé par son efficacité similaire à l'irinotecan/docetaxel, mais à une toxicité moindre. Dans l'étude RAINBOW, 330 patients ont été traités par ramucirumab (8mg/kg aux jours 1 et 15) et par paclitaxel (80mg/m² aux jours 1, 8 et 15) pour un cycle de 28 jours ; par ailleurs, 335 patients ont reçu un placebo et les mêmes doses de paclitaxel. Tous les patients ont été traités jusqu'à progression ou apparition d'une toxicité intolérable. L'objectif primaire de l'étude était d'évaluer la survie globale des patients. L'étude a concerné 3 régions différentes : l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Australie d'une part ; l'Amérique du Sud et Centrale, d'autre part ; et enfin l'Asie, essentiellement le Japon.Over the rainbow... La médiane de survie globale a été améliorée de 2,3 mois dans le groupe traité par ramucirumab par rapport au placebo : 9,63 versus 7,36 (HR=0,807 ; CI95% : 0,678-0,962 ; p=0,0169). " Cette différence est non seulement significative du point de vue statistique, mais aussi d'un point de vue clinique. La survie à 6 mois est de 72% dans le groupe traité contre 57% dans le groupe placebo et à 12 mois, les résultats sont respectivement de 40% et 30% ", explique le Pr Eric Van Cutsem. Ce bénéfice s'est maintenu dans tous les sous-groupes considérés, sauf chez les patients asiatiques. " Ceci s'explique en partie par une meilleure survie des cohortes et par le fait qu'il y a plus de patients traités en 3e ligne. Nous n'avons pas de preuves que les patients asiatiques présentent des facteurs biologiques particuliers. En outre, ces patients sont traités de manière plus précoce. " Par ailleurs, la survie sans progression a, elle aussi, été bien meilleure dans le groupe traité par rapport au placebo : 4,4 mois vs 2,86 (HR=0,635 ; 95%CI :0,536-0,752 ; p<0,0001). La PFS à 6 mois a été de 36% vs 17% et, à 9 mois, de 22% vs 10%. Ces différences se maintiennent quel que soit le sous-groupe considéré, même chez les Asiatiques. " Le taux de réponse global était très élevé de 18 à 28%, ce qui est remarquable en deuxième ligne. " Côté toxicité, " dans l'étude REGARD, où le ramucirumab a été utilisé seul, aucune augmentation importante de la toxicité n'a été mise en évidence. Dans le traitement combiné, on observe plus de fatigue, de neutropénie, de leucopénie et d'hypertension. Toutefois, le nombre de décès en relation avec la toxicité reste équivalent dans les deux groupes. " L'analyse de la qualité de vie n'est pas encore terminée et sera probablement présentée lors d'un congrès ultérieur à l'ASCO et/ou à Barcelone. L'analyse biomoléculaire est en cours, mais n'a pas encore donné de résultats. " Il serait intéressant de savoir si des patients peuvent bénéficier ou non du traitement. Nous trouverons probablement plus de marqueurs négatifs que positifs, mais cela reste tout aussi important ", poursuit Eric Van Cutsem En conclusion, il semble que la combinaison paclitaxel+ramucirumab devienne effectivement un standard du traitement de deuxième ligne dans le cancer gastrique métastasé. Référence : Wilke H. Van Cutsem E. et al. RAINBOW: A global, phase III, randomized, double-blind study of ramucirumab plus paclitaxel versus placebo plus paclitaxel in the treatment of metastatic gastroesophageal junction (GEJ) and gastric adenocarcinoma following disease progression on first-line platinum- and fluoropyrimidine-containing combination therapy rainbow IMCL CP12-0922 (I4T-IE-JVBE). Abstract LBA7