...

Une dizaine de scientifiques affiliés à différents centres de recherche américains ont développé un test qui utilise la spectrométrie de masse pour mesurer avec précision les quantités de deux formes de bêta-amyloïde dans le sang, la bêta-amyloïde 42 et la bêta-amyloïde 40. Ce sont en effet deux protéines qui commencent à s'agglutiner de manière anormale dans le cerveau et à "étouffer" l'activité des neurones généralement 10 à 15 ans avant que ne se manifestent les pertes de mémoire et la confusion typiques de la maladie d'Alzheimer. Et le ratio entre les deux formes diminue lorsque la quantité de dépôts bêta-amyloïdes dans le cerveau augmente. En combinant les taux de bêta-amyloïdes avec autres deux facteurs de risque, l'âge du patient, sachant qu'à partir de 65 ans le risque de développer la maladie double tous les cinq ans, et la présence d'une variante génétique appelée APOE ε4, connue pour multiplier le risque au moins par trois, les auteurs assurent avoir élevé la précision de leur test de 88 à 94%. Capable de détecter de premiers signes de la maladie neurodégénérative jusqu'à 20 ans avant que les premiers symptômes ne se déclarent, ce test sanguin est plus précis que le PET scan, un examen plus coûteux et chronophage, qui est normalement utilisé pour confirmer la présence dans le cerveau de dépôts amyloïdes.Pour arriver à cette découverte, les scientifiques ont étudié 158 personnes âgées de plus de 50 ans dont seulement 10 souffraient de troubles cognitifs. Ils ont découvert qu'une prise de sang positive aux bêta amyloïdes multipliait par 15 le risque de développer des plaques. Considéré comme une avancée majeure pour la recherche de traitements dans un premier temps et un véritable espoir pour les patients d'ici quelques années, ce test doit encore faire l'objet d'essais cliniques qui devraient durer entre deux et cinq ans. Rappelons par ailleurs, comme n'a pas manqué de le souligner le neurologue Bruno Dubois dans une interview au quotidien Le Figaro, que "le fait d'avoir des plaques ne veut pas dire que l'on va systématiquement développer la maladie". C'est une condition nécessaire mais pas suffisante. De plus, si le test peut permettre au patient d'améliorer son hygiène de vie pour retarder les effets de la maladie, sa situation ne changera pas tant qu'un traitement ne sera pas mis au point pour le guérir.(référence : Neurology, 1er août 2019, DOI : 10.1212/WNL.0000000000008081)https://n.neurology.org/content/early/2019/08/01/WNL.0000000000008081