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Aux Etats-Unis, à l'Université Johns-Hopkins de Baltimore, dans le Maryland, sous la supervision d'un chirurgien, un robot a réussi à effectuer une suture puis à rattacher des parties de l'intestin de plusieurs cochons, qui sont ressortis du bloc vivants, le tout sans complications. Connue sous le nom d'entéro-anastomose, cette délicate intervention est fréquente pour enlever par exemple une tumeur cancéreuse du colon ou traiter une occlusion. Des opérations du même type sont également effectuées en urologie et en gynécologie. Jusqu'à présent, la robotique en chirurgie avait fait des avancées surtout pour les interventions sur des zones plus dures, comme les os, pour les sectionner avec une grande précision par exemple, mais pas sur les tissus mous qui sont malléables et, de ce fait, imprévisibles. Ceci explique pourquoi, la mise au point de cette machine révolutionnaire a nécessité quatre années de travail. Baptisé STAR (Smart Tissue Autonomous Robot), le robot est composé d'un bras télémanipulateur, préalablement programmé, d'instruments chirurgicaux, d'un système d'imagerie intelligente en trois dimensions et de marqueurs fluorescents. L'engin peut se déplacer facilement, s'adapter aux difficultés potentielles présentées par les organes et, de cette manière, éviter, grâce à une très haute précision, les fuites liquides ou les blocages. Un capteur de force permet de réaliser la suture et une caméra cartographie le tissu mou en détail afin de repérer les marqueurs fluorescents injectés. Pour prouver son efficacité, les inventeurs de STAR ont défié cinq chirurgiens experts. Chacun de leur côté, robot et humain ont réalisé plusieurs interventions similaires sur des tissus d'animaux vivants et inanimés. Certains chirurgiens ont pratiqué l'intervention en ouvrant le corps des animaux, d'autres par laparoscopie, les troisièmes avec l'aide du robot Da Vinci, guidé grâce à une console. Le résultat est édifiant : les sutures de STAR sont plus uniformes et plus résistantes. Sa seule faille réside dans le temps nécessaire pour pratiquer l'opération : 35 à 57 minutes, contre 8 en chirurgie ouverte. Les chercheurs à l'origine du prototype assurent que STAR ne remplacera pas entièrement les chirurgiens, mais il leur donne un outil capable d'une plus grande précision pour faire notamment des sutures, mais aussi apte à réduire les complications, améliorer la sûreté des interventions et au bout du compte à garantir de meilleurs résultats pour les patients. Des essais cliniques sur l'Homme sont envisagé afin d'assurer que la machine ne présente pas de risque pour les humains. Toutefois, rien n'est encore programmé et il est probable qu'il faille encore attendre plusieurs années avant que la Food and Drug Administration (FDA), l'Agence américaine du médicament, ne donne son feu vert.