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Les chercheurs ont passé en revue les certificats de naissance de bébés nés dans l'État de Washington entre 2007 et 2014. Au total, 140 462 femmes enceintes étaient concernées. Sur cet échantillon, 28 011 avaient déménagé au cours du premier trimestre de leur grossesse et leurs données ont été comparées à celles de 112 451 femmes de la même année de naissance qui, elles, n'avaient pas changé de domicile en début de grossesse.Le premier trimestre de grossesse a été choisi parce que de précédents travaux ont suggéré que l'exposition au stress en début de grossesse a un impact plus important sur la santé du bébé et l'issue de la grossesse que le stress subi plus tard au cours de la grossesse.Après prise en compte des éventuels facteurs de biais, les auteurs ont constaté qu'un déménagement au cours des trois premiers mois de la grossesse est associé à un risque d'insuffisance pondérale de l'enfant à la naissance accru de 37% par rapport aux nouveau-nés de femmes qui n'ont pas bougé durant cette période de grossesse (6,4% contre 4,5%). Le risque d'accouchement prématuré augmenté est de 42% (9,1% contre 6,4%). Changer de domicile durant le premier trimestre de grossesse est également associé à un risque accru de donner naissance à un bébé de taille inférieure aux prévisions, et ce peu importe les catégories sociales analysées.Vu qu'il s'agit d'une étude observationnelle, les chercheurs ne peuvent pas établir une cause directe. Plusieurs hypothèses sont évoquées : interruptions de soins de santé, grosses contraintes physiques liées au déménagement, perturbations du soutien social, et réaction de stress.(référence : Journal of Epidemiology & Community Health, 30 juillet 2019, doi : 10.1136/jech-2018-211937)https://jech.bmj.com/content/early/2019/07/02/jech-2018-211937