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La raison pour laquelle les auteurs allemands de l'étude entendent sexuer le cerveau des patients atteints d'autisme réside dans la distribution particulière de la maladie, qui survient deux à cinq fois plus chez les hommes que chez les femmes. Le diagnostic pourrait constituer l'une des raisons de ce déséquilibre. Les recherches ont en effet permis de découvrir que les filles répondent moins aux critères diagnostiques de l'autisme que les garçons, même si, sur les échelles de mesure, elles présentent autant de traits autistiques. Ces critères diagnostiques devraient donc être affinés. N'oublions pas les facteurs biologiques, qui peuvent également expliquer pourquoi les garçons sont davantage touchés que les filles.Les chercheurs allemands se sont basés sur l'épaisseur du cortex, mesuré par IRM, pour différencier le cerveau des hommes de celui de femmes. Une première démarche qui, d'entrée de jeu, a déplu aux détracteurs, qui arguent qu'il n'existe pas de cerveau " masculin " et " féminin ". Le cerveau d'une personne peut, par certains aspects, avoir des attributs féminins et, par d'autres, des attributs masculins. Ces nuances disparaissent lors de la mesure de l'épaisseur du cortex qui, en outre, évolue avec l'âge ou sous l'influence de la maladie.Qu'à cela ne tienne, l'étude concluait que les femmes autistes avaient trois fois plus de chances d'être dotée d'un cerveau " masculin " que les femmes saines dans une population de contrôle donnée. Les hommes autistes avaient tous simplement un cerveau masculin. L'un des coauteurs de l'étude a même fièrement tweeté ces résultats, qui ont ensuité été largement relayés par la presse.La rédaction de Jama Psychiatry a pourtant décidé de retirer l'article et de le remplacer par une nouvelle publication, qui mentionne que les femmes au cerveau plus " masculin " courent autant de risques d'autisme que les autres. Dans une lettre parue également dans le périodique, le chercheur principal concède s'être gravement trompé. Le problème, fondamental donc, se situe au niveau du script censé différencier le phénotype masculin du féminin. L'article a entretemps été cité dans quatorze nouvelles publications.Medscape - Study Linking Autism to 'Male Brain' Retracted, Replaced