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L'explosion de la voiture électrique se fait trop attendre, et ce pour des raisons bien connues : trop chère, autonomie limitée, temps de charge trop long, trop peu de modèles et de stations de charge. Constructeurs et autorités se renvoient la faute, sans se soucier du consommateur bien évidemment. Ne sachant plus que choisir, celui-ci remet l'achat d'une électrique aux calendes grecques. Par conséquent, les ventes baissent, tout comme le chiffre d'affaires et les gains des marques automobiles, au moment précis où ces dernières doivent justement investir dans les nouvelles technologies de propulsion. Les constructeurs sont d'ailleurs obligés de garder toutes les pistes ouvertes, car personne ne sait quel sera le standard du futur. De quoi faire encore grimper la facture.Mercedes-Benz est la doyenne des marques. C'est elle qui possède la plupart des brevets en matière de construction automobile. Au niveau de l'électromobilité, le constructeur allemand accuse toutefois un retard technologique. D'ici 2021, l'émission de CO2 de l'ensemble de la gamme Mercedes ne pourra plus excéder 95 g/km, mais elle est actuellement encore à 139,6 g/km.Dos au mur, Mercedes décide donc de lancer une série de modèles électriques, dont le premier est l'EQC, un SUV basé sur la série à succès GLC et GLC Coupé, équipés de moteurs diesel et essence conventionnels.La ressemblance entre l'EQC 400 et le GLC est frappante, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du véhicule. Ce nouveau modèle est propulsé par deux puissants électromoteurs, d'une capacité totale de 408 CV, pour une valeur de couple impressionnante : 760 Nm. Le premier moteur propulse les roues avant, le deuxième, les roues arrières, ce qui contribue à sa conduite sure et neutre, encore renforcée par le centre de gravité assez bas du véhicule. La lourde batterie de 652 kg (80 kWh), située dans le plancher de l'EQC, explique le poids à vide élevé : 2.495 kg. Cela n'empêche pas l'EQC 400 de passer de 0 à 100 km/h en 5,1 sec. Dans des circonstances idéales, le véhicule dispose d'une autonomie d'environ 400 km, 360 km maximum dans des conditions habituelles, 260 km en hiver. Voilà qui est comparable à l'autonomie de la Jaguar E-Pace, mais en-dessous de l'Audi e-tron 55, la Kia e-Niro et le Hyundai Kona Electric. Les deux derniers permettent en effet de parcourir 450 kilomètres sans problème, pour un prix deux fois moindre... Le coût de l'EQC s'explique par la qualité de ses finitions et des matériaux utilisés, l'équipement de base très complet et le système efficace d'infodivertissement MBUX, le plus avancé du marché. Une fois votre destination encodée, celui-ci calcule avec précision le lieu et le moment où vous devrez charger votre batterie en chemin, ainsi que le temps que vous perdrez à la charger. La commande vocale est exemplaire. Il vous suffira de prononcer " hey Mercedes " pour voir le " majordome " électronique entrer en action.L'EQC 400 est étonnamment silencieux et sa conduite s'avère plus dynamique et confortable que l'Audi e-tron 55 (plus long et lourd que le " petit " dernier de Mercedes et ses 4,76 m), avec un volume de coffre de 500 litres. À un prix de base de 60.000 euros, l'EQC 400 est aussi moins onéreuse que son grand concurrent.Tant l'EQC 400 que l'E-tron 55 s'inspirent de modèles SUV existants équipés de moteurs diesel et essence classiques. Ils doivent ouvrir la voie à d'autres e-modèles, basés sur une plateforme à l'architecture spécialement étudiée pour la propulsion électrique et répondant mieux aux attentes du client. Ce dernier s'intéresse au prix et à l'autonomie, pas à une sportivité qui, par ailleurs, est souvent contradictoire avec l'aspect durable de la conduite. On attend des successeurs de l'EQC 400 qu'ils soient plus rapides à charger et se branchent sur du triphasé. L'EQC ne peut en effet charger que 110 kW, là où dans le réseau européen Ionity, 150 kW est la valeur de standard. Il est possible de charger l'EQC en 11 h à la maison, via une wallbox et son chargeur (7,4 kW).Conclusion : l'EQC 400 s'avère plus dynamique et confortable que ses concurrents directs, mais avec une autonomie et un temps de charge plus long. Peu mieux faire donc, surtout si la marque entend garder sa placer dans le monde automobile de demain.