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En cause, une révélation faite par l'intéressé en octobre 2018 : il avait utilisé la technique CRISPR pour manipuler le génome de deux jumelles afin de les rendre résistantes à l'infection par le VIH. Un troisième " bébé CRISPR " aurait été mis au monde par une autre maman, mais on n'en sait pas plus à ce sujet. Le monde médical a réagi avec inquiétude à cette annonce, d'une part parce que les effets du gène qui induit cette résistance restent mal connus, d'autre part parce que la sécurité de la technique CRISPR pour les applications humaines nécessite encore d'autres recherches. He Jiankui a été licencié par la Southern University of Science and Technology à Shenzhen, où il travaillait. La Chine pose avec cette condamnation un geste symbolique. Ces derniers mois, il s'était en effet murmuré que le pays fermerait les yeux... mais il n'en est rien, que du contraire ! En sus de sa peine de prison, le chercheur s'est en effet vu infliger une amende de trois millions de yuan (environ 390.000 euros). Deux de ses collaborateurs ont reçu des sanctions similaires, mais plus légères. Le gouvernement chinois a interdit aux trois intéressés de solliciter de nouveaux subsides pour leurs recherches dans le futur et de réaliser d'autres travaux dans le domaine de la fertilité humaine. Bien que la réaction des autorités chinoises suscite une large approbation à l'échelon international, les chercheurs chinois eux-mêmes craignent qu'elle ne mette un frein aux autres travaux autour de la technique CRISPR, qui explorent actuellement les possibilités de guérir des maladies en manipulant des cellules adultes.