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"L e troubadour des coeurs brisés" écrit joliment la biographie de Robin Proper-Sheppard. Et c'est vrai que le plus belge des artistes américains (entouré ici de musiciens nationaux) cultive à plaisir une sorte de spleen amoureux, de mélancolie nocturne solitaire à la Spilliaert dans ses productions. Plus souvent low-file qu'à son tour depuis plus de vingt ans, son dernier effort Holding on/ Letting go se révèle moins réflexif que d'habitude genre "je mire mon malheur inscrit sur mon visage dans le reflet d'une flaque d'eau". Strange attractor et Undone.Again ouvrent l'album sur des déchirures sentimentales plus rythmées. Wait et Alive se révèlent des slows habités, Gathering The Pieces et Avalon le voient certes retomber dans ses anciens sillons, mais sans verser dans l'épure désolée, tandis que Days et Road Song se révèlent pop-pement joyeux. Et même si le CD se conclut sur l'instrumental Prog Rock Arp aux allures de générique de fin (et pas du tout progressif rock d'ailleurs), la plage qui précède We See You (Takin Aim), meilleure plage de cette plaque, fleure bon The God Machine, premier groupe de Robin, et son spleen rageur enfermé derrière une clôture de guitares électrifiées. Un mur du son bientôt reconstruit?