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Existe-t-il un profil de personnalité type des candidats à la chirurgie ? " Non ! Et, malheureusement, on ne peut pas opérer tout le monde ", se désole Laurence Maroquin, psychologue à la Clinique du poids idéal.Des travaux épidémiologiques récents mettent en évidence que le fait d'être obèse est plus souvent lié à des antécédents de troubles psychiatriques (troubles de l'humeur, du comportement alimentaire grave, troubles anxieux et addictions) et à une plus grande vulnérabilité aux addictions que la population normale, cette prévalence augmente chez les candidats obèses demandeurs d'une chirurgie. Ainsi, la littérature attire l'attention sur la grande vigilance à avoir par rapport au risque de suicide qui augmenterait chez les patients opérés." Le rôle du psychologue est avant tout celui d'un expert de la santé mentale pour clarifier la demande d'amaigrissement et pour voir s'il n'y a pas un risque de décompensation engendré par une perte de poids rapide ", poursuit-elle. " Il existe en effet des contre-indications (antécédents d'addictions et addictions actuelles, antécédents de troubles graves du comportement alimentaire (vomitifs), de traumatismes, et de dépression grave, tentative de suicide, hospitalisation psychiatrique) qui sont toujours débattues en réunion de concertation et qui sont rarement définitives, la plupart étant réévaluées après six mois. "Dans la majorité des cas, la perte de poids permet une relance positive par rapport à l'image du corps, la vie professionnelle et sentimentale. Les patients peuvent faire une différence entre la faim et la satiété et ils se réinvestissent dans d'autres domaines (activité physique, renouvellement de la garde-robe et meilleure qualité de vie sociale et psychologique, augmentation de la confiance en soi), en tout cas pendant les deux premières années après la chirurgie." L'opération prend pour chaque patient un enjeu psychique particulier parce que les pertes de poids sont rapides et concomitantes avec une nouvelle hygiène de vie. La déstabilisation induite par cette perte peut provoquer des troubles de l'image du corps souvent transitoires. "" Néanmoins, dans une minorité de cas, la chirurgie ne permet pas de poser une limite par rapport aux besoins de manger parce qu'il y a une fonction antidépressive et d'apaisement du stress dans l'acte de manger. En postopératoire, il faut aider les patients à vivre cette perte de satisfaction immédiate offerte par la nourriture et à réinvestir d'autres choses, sinon il peut y avoir un risque de déplacement du symptôme vers d'autres addictions. "Environ 20% des patients vont présenter des troubles de l'image du corps plus importants (ne se reconnaissent pas, dégoût des peaux qui pendent). " Ceux qui sont très déprimés après l'opération sont ceux qui vont exprimer des idées noires et un total mécontentement malgré la perte poids. "" Il reste donc important pour chaque patient de déterminer le bénéfice/risque, l'indication et la contre-indication de la chirurgie et voir s'il a les ressources individuelles ou environnementales pour pouvoir changer son mode de fonctionnement intrapsychique ", conclut Laurence Maroquin.