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Fin des années 70, dans une Angleterre laminée par la crise et le chômage, le National Front fasciste commença à séduire un électorat populaire en déshérence, y compris une partie de la jeunesse qui mêlait punk et symboles nazis, et, pour certains, pas seulement dans les vêtements... Emmené par son leader Martin Webster, le parti conquit de haute lutte certains quartiers pauvres de Londres, réunissant jusqu'à 19% des votes dans quelques parties de Hackney notamment. Face à un air du temps qui voyait des artistes comme Eric Clapton, pourtant biberonné au blues musique noire, louer l'attitude d'Enoch Powell, leader historique du Front qui réclamait le renvoi chez des "gens de couleur", une bande de jeunes indignés, qui avaient souvent connu l'apartheid déguisé des colonies anglaises, mirent au point une réaction, focalisée sur la jeunesse, embrigadant au passage des artistes phares de la période punk comme Tom Robinson, Sham 69 ou bien évidemment les Clash dont le titre White riot donne le titre à ce documentaire. Lequel culmine avec l'organisation d'un concert fameux, juste avant les élections de 1979 qui porteront Thatcher au pouvoir... Basé sur des témoignages d'anciens protagonistes, d'images d'archives et de séquences musicales, le documentaire de Rubika Shah s'intéresse autant au climat politique qu'à l'aspect musical de ce Rock Againt Racism, dans une époque dont le populisme national n'est pas sans rappeler celui, "heureusement" uniquement nationaliste, qui prédomine en Angleterre actuellement. Ce qui n'est pas forcément le cas d'autres "fronts", rebaptisés ou pas.