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L'engorgement des centres de dépistage, en Wallonie et à Bruxelles, conduit inexorablement à la saturation des laboratoires qui, faute de moyens humains et de produits réactifs en suffisance, n'ont plus la capacité d'absorber le flux de demandes entrant. La Plateforme fédérale Bis, opérationnelle logiquement dès le 1er novembre, a pour objectif "de soutenir et de densifier la capacité de tests, mais aussi de pouvoir compter sur l'autonomie d'une filière, c'est-à-dire permettre au consortium de disposer de suffisamment de réactifs, de matériel et de personnel afin de garantir la réalisation de 56.000 tests par jour à l'échelle du pays", explique le Pr Jean-Michel Dogné, directeur du département de pharmacie de l'UNamur qui co-supervise la plateforme de testing namuroise composée de l'Unamur et le CHU UCL Namur. Concrètement, les efforts conjugués des deux institutions doivent permettre d'analyser, dans les meilleurs délais, une moyenne de 2.000 échantillons par jour dès les mois de novembre et décembre. Une capacité qui, selon l'évolution de la situation sanitaire, pourra, dès 2021, évoluer jusqu'à 7.000 échantillons par jour. Au total, en janvier, la capacité d'analyse journalière - plateforme bis et labos conjugués - pourrait être poussée à 100.000 tests par jours. L'Inami, à l'initiative de la plateforme fédérale, finance cette dernière à trois niveaux: le coût de démarrage via un financement unique de maximum 275.000 euros par site. Les coûts de fonctionnement nécessaires pour effectuer 2.000 tests par jour. Cela correspond à un financement mensuel de 720.000 euros par site. Et une intervention par test effectué si le montant mensuel lié aux 2.000 par jour est dépassé. Il s'agit d'une plateforme de tests PCR, dont les analyses sont réalisées à la demande des laboratoires agréés de biologie clinique lorsque leur capacité est à saturation, pour le dépistage des collectivités en cas d'apparition de foyers et pour les centres de prélèvement enregistrés à l'Inami. Chaque consortium s'engage à communiquer quotidiennement l'ensemble des résultats au demandeur et à Sciensano. Quotidiennement, il publie également, par l'intermédiaire d'une page web commune de Sciensano, la capacité disponible. La volonté de la plateforme namuroise est de fournir des résultats qualitatifs dans un délai de 24 heures. "En quelques semaines, nous sommes parvenus à mettre sur pied un projet qui est remarquable", se félicite Benoit Libert, directeur général du CHU UCL Namur. "Nous sommes à l'aube d'une période difficile. Il est important que chaque acteur joue son rôle de solidarité", ajoute Patrick De Coster, vice-recteur de l'UNamur. C'est la complémentarité en recherche clinique ainsi qu'en enseignement du département de pharmacie de l'UNamur, dirigé par le Pr Dogné, et du département de biologie clinique du CHU UCL Namur, dirigé par le Pr François Mullier, qui consolide l'union entre l'université et le laboratoire de biologie clinique agréé. "Nous avons mis en place, en deux mois, un nouveau laboratoire au niveau infrastructures, informatique et ressources humaines. Une cinquantaine de personnes sont impliquées dans le projet, qui prendra forme le 9 novembre prochain, des architectes aux technologues en passant par les secrétaires", détaille le Pr Mullier. "La situation des technologues est difficile, mais nous renforçons nos équipes tant de technologues que de secrétaires depuis le mois de juillet. L'objectif est de garder la plateforme pérenne malgré le taux d'absentéisme important", précise le directeur du département de biologie clinique. Ce partenariat, riche d'une collaboration effective de plusieurs années entre les deux départements, prend aujourd'hui une autre dimension, officielle et nationale, et étendra son périmètre actuel à des activités de recherche, d'enseignement et de services à la communauté consacrés au Covid-19 mais également à d'autres projets de tests PCR (diagnostic moléculaire), notamment. Une fois la crise terminée, le laboratoire sera reconverti. "Nous avions déjà un laboratoire de biologie médicale assez conséquent sur le site de Godinne. Les automates vont donc pouvoir être utilisés pour d'autres analyses moléculaires, d'autres virus que le Covid", détaille le Pr Mullier. "Dans le cadre de plateforme fédérale Bis, nous avons un partenariat avec l'UNamur, et nous aurons donc une réflexion avec l'université sur l'après Covid, réflexion qui a déjà débuté."Le nouveau master en sciences pharmaceutiques de l'UNamur intervient à point nommé et trouvera, dans cette initiative, une précieuse opportunité d'expérience de terrain pour ses étudiants.