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Il existe dans la littérature scientifique un certain nombre de données qui laissent entendre qu'un oedème chronique, défini par la présence d'un gonflement tissulaire au niveau de diverses parties du corps depuis au moins trois mois, ou un lymphoedème pourrait constituer un signe de fragilité de par son association fréquente soit avec une pathologie sousjacente non diagnostiquée, soit avec un risque accru d'infection (cellulite). Une étude internationale, LIMPRINT s'est intéressée à la prévalence encore fort méconnue de l'oedème chronique au sein de plusieurs hôpitaux et parmi différents services dans cinq pays, l'Australie, l'Irlande, la France, le Danemark et le Royaume-Uni. Selon les résultats obtenus, il apparaît que l'oedème chronique est bien plus fréquent qu'on ne l'imagine et qu'il est loin d'être l'apanage des services d'oncologie. En effet, oedème chronique et lymphoedème touchent en moyenne 38% des patients hospitalisés et seuls 8,1% des patients étaient hospitalisés en oncologie. Le profile type du patient est un sujet souvent obèse, à mobilité réduite et porteur d'un certain nombre de comorbidités comme un diabète, une insuffisance cardiaque, une pathologie veineuse périphérique ou des troubles neurologiques. Autre information importante de cet essai, seuls 37,2% des patients recevaient un traitement spécifique pour endiguer ce phénomène et à peine 15% étaient traités de manière adaptée via des bas ou des bandes de contention et ce malgré le fait que certaines patients présentaient un oedème chronique depuis parfois près de dix ans. De nouvelles études sont à présent nécessaires afin de mieux évaluer les conséquences en terme de santé de ces accumulations hydriques interstitielles et donc leur rôle pronostique en terme de fragilité.