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L'Institut Vias a interrogé un panel représentatif de 6.000 Belges pour en savoir plus sur la distraction au volant. Les résultats sont inquiétants. Un conducteur sur cinq de moins de 35 ans lit ses mails ou sms en conduisant, deux fois plus que les chauffeurs de 35 à 54 ans. Un jeune sur six avoue avoir envoyé des messages ou posté des photos sur les réseaux sociaux en conduisant. Un conducteur sur huit a même filmé ou pris un selfie au cours du dernier mois.Certains chercheurs constatent que l'usage du smartphone au volant peut avoir des conséquences plus lourdes qu'une conduite avec 0,8 mg/l d'alcool dans le sang. Les études montrent ainsi que les conducteurs passent 40 à 60 % de leur temps à regarder vers le bas quand ils lisent ou écrivent des messages. Leur temps de réaction s'en voit doublé pour l'envoi du message : entre 2,2 et 2,6 secondes au lieu d'une seconde en moyenne. Au volant, nous ne sommes pas à même de garder notre véhicule au milieu de la bande et débordons régulièrement sur celles d'à côté. La distance avec le véhicule devant nous varie aussi plus fortement.Le règne des smartphones et leur écran tactile rend en outre la manipulation du téléphone plus ardue. La surface plane du touchscreen empêche les utilisateurs de sentir les touches et oblige au contact visuel.Les études sur les accidents de la route indiquent que la distraction occasionne 10 à 12 % des accidents de la route. C'est d'ailleurs certainement en-dessous de la réalité, car la police ne peut vérifier toutes les formes de distraction. L'Institut Vias estime qu'en Belgique, plus de 4.000 accidents de la route (5.000 blessés et 60 morts au total) sont imputables à l'usage du téléphone portable. L'Institut, en collaboration avec Baloise insurance, a donc lancé une campagne parrainée par la gymnaste et Sportive de l'année Nina Derwael.Chez les cyclistes également, la manipulation du smartphone augmente les risques d'accident. Cela n'empêche pas un tiers des jeunes cyclistes d'envoyer des messages sur leur vélo. Plus de la moitié écoutent de la musique avec des écouteurs. Ce n'est pas interdit, mais pas idéal non plus, puisque nous ne pouvons alors pas bien cerner ce qui se passe autour de nous.L'article 8.4 du Code de la route stipule que : " sauf si son véhicule est à l'arrêt ou en stationnement, le conducteur ne peut faire usage d'un téléphone portable en le tenant en main ". Par les termes " à l'arrêt ", on comprend le temps nécessaire pour permettre à un passager de monter ou de descendre du véhicule ou de charger/décharger des objets, pas le temps d'attente devant un feu.Téléphoner sans kit mains libres ou envoyer/lire des messages constitue une infraction de deuxième catégorie, passible d'une amende de 116 euros en cas de paiement immédiat. Le parquet peut proposer un règlement à l'amiable de 160 euros si le contrevenant paie par la suite. Au cours du premier semestre de 2019 (la période la plus récente pour laquelle la Police fédérale dispose de chiffres), 54.746 amendes ont été distribuées pour usage du gsm au volant.