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La Maison de la Culture de Namur, bâtiment conçu par Victor Bourgeois dans la mouvance des entités culturelles françaises voulues par André Malraux, a fait peau neuve : mieux, il s'agrandit dans un joli geste architectural limpide, qui remet le bâtiment en connivence avec la Sambre que, dans les années de triomphalisme moderne d'après-guerre, il avait une fâcheuse tendance à dominer.Avec sa façade de radio des années soixante, certes millésimée mais vieillissante, le centre culturel de la province de Namur avait besoin d'être dépoussiéré, rafraîchi et de voir sa vision élargie.Décidé en 2009, le chantier a finalement débuté en 2012 et a vu Pierre Samyn rendre, tout en respectant le bâtiment initial, toute son ouverture à une culture et un édifice qui se veulent désormais ouverts sur la ville, l'eau et le monde. Doté dorénavant de trois salles - l'une de 450 places assises, 600 debout et à l'acoustique remarquable, d'une plus petite et ronde dite tambour située à l'avant du bâtiment dont il devient le symbole (de 150 sièges de jauge) et d'une troisième au sous-sol plus intime de quatre-vingts -, le lieu réaffirme son côté multimodal au niveau culturel et veut récolter en son Delta tous les fertiles alluvions que la culture locale, régionale ou plus lointaine charrie sur ses rives : concerts, performances circassiennes (d'où la rondeur de la salle Tambour), studios d'enregistrement, fleurissent désormais au sein de l'édifice à présent agrandi et pourvu également de salles d'expositions, et qui a volonté de dédier un espace muséal à deux artistes locaux mondialement connus et moins datés qu'un Rops : Henri Michaux et Evelyn Axell...Cette dernière fera d'ailleurs l'objet d'une exposition inaugurale qui débute le week-end "Grand ouvert ! " de ce 21 septembre et qui est bien sûr celui de l'ouverture du 'nouveau' lieu. Une fête inaugurale qui verra défiler plus de 300 artistes, se veut comme l'agora qui précède désormais le bâtiment ouvert à tous (lequel jouit d'une vue imprenable de la terrasse du troisième - où s'égaye un petit jardin conçu par René Pechère -, sur la citadelle, et dispose d'un restaurant à l'entresol dont les tables débordent sur les paisibles bords de Sambre aux beaux jours), optant pour une démocratisation de la culture, avec une programmation éclectique (entre rock, Jeunesses musicales, Point Culture, enfants, arts de la scène et plastiques) et un droit d'entrée volontairement d'un prix également démocratique.Reste à observer comment ce petit bijou de 25 millions va pouvoir collaborer avec les autres acteurs culturels du Namurois et surtout de Namur. De nouvelles ailes, il ne reste donc au Delta qu'à prendre son envol. A voir également si, de la culture provinciale, le Delta, établissement des bords de Sambre, sera non pas la Meuse, mais la muse...