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Flamboyant, le titre renvoie sans doute au style du créateur d'Héliopolis (voir ci-contre), qui fut d'ailleurs une sorte de soleil dans le domaine de l'industrie belge, un capitaine qui ne pouvait s'installer que dans un paquebot Art déco imaginé en 1934 par Michel Polak.Devenu un temps, temple télévisuel pour RTL Belgique, la villa, ressuscitée par Jean Boghossian qui en a fait un carrefour de civilisations, a, sous l'impulsion de la nouvelle et jeune directrice Louma Salamé, cherché à recréer l'ambiance de la villa à l'époque de la création.Ceci en imaginant qu'elle soit occupée par un collectionneur imaginaire et en décorant la maison de plus de 200 objets, mobiliers, oeuvres " chinées " au Civa, au musée d'Ixelles, notamment, dans des collections privées et dans celles propres de la fondation.Une réussite qui redonne son âme d'enfant à ce superbe édifice : du salon de musique située dans le grand patio de la villa, aux fauteuils typiques au salon, décoré outre de meubles du style d'oeuvres de Anto Carte et van de Woestijne. Le but de la commissaire est de montrer la vitalité, la fureur de vivre et de découvrir qui secoue le monde après le carnage de la Première Guerre mondiale : des coupes au carré des femmes au charleston en passant par le jazz, la radio, le phonographe, au travers de la salle à manger où trône un Spilliaert nabi à côté d'un Rodolphe Strebelle, l'exposition va jusqu'à reconstituer une remarquable imitation papier peint d'époque pour chaque espace oeuvre de la firme Masureel de Courtrai. Cette mise en scène de la villa a pour effet de magnifier les détails du bâtiment comme cette fresque sur verre, métaphore du cosmos et oeuvre de Max Ingrand.Une exposition " habitée " qui se déploie dans tous les espaces de la villa (sauf le sous-sol) et embrasse tous les courants artistiques de l'époque et tous les supports. Qu'il s'agisse des vases signés Charles Catteau pour la faïencerie Boch à l'époque en passant par le fauvisme de Kees van Dongen (Femme debout dans le jardin), par les masques kota du Gabon (prêt de la galerie Didier Claes) placé non loin notamment d'une table d'Oscar Jespers (qu n'était pas que sculpteur) dans l'ancienne salle d'escrime transformée en fumoir.Si le bureau de monsieur impressionne par le nombre d'objets que l'on y trouve, à savoir une radio d'époque des dessins de Mallet-Stevens ou d'Henry Van de Velde pour un projet de paquebot, et qui donne une bonne idée de l'émergence du fonctionnel et de la standardisation (le guéridon pivotant imaginé par Pierre Chareau), c'est la chambre à coucher qui présente l'ensemble le plus cohérent : entre une toile signée Kandinsky, une autre au-dessus du lit qui aujourd'hui paraît trop petit de Marthe Donas, deux compositions géométriques de Seuphor, une huile sur toile de Servranckx qui surplombent un tapis tout aussi cubiste de Marcel-Louis Baugniet. Il n'est pas jusqu'au salon intime de madame et son dressing a n'être imaginé : le premier présente entre autres des vêtements d'époque dont une tenue de scène d'Akarova, le second accroché sur un papier peint rougeoyant une peinture de matisse La jeune fille à la mauresque, robe verte, (tout de même quelques références à l'Orient), une aquarelle période lunaire de Spilliaert (chambre de l'artiste) des dessins très chagallien d'Edgard Tytgat pour La flûte enchantée et un paravent magnifique La naissance de Vénus, de verre, de chêne et de bronze à nouveau signé Max Ingrand. Ceci rehaussé plus loin par un espace dédié aux objets de vertus, qu'il s'agisse de broches, peignes ou poudriers raffinés et superbes tous issus des collections de la fondation.Preuve de la transfiguration complète de la villa, il est jusqu'aux mosaïques originelles de la salle de bain à se voir décorer de deux vitraux sublimes de Louis-Herman De Koninck conçus pour l'ancien café Le perroquet, situé rue de la Reine à Bruxelles dont on peut admirer un cliché noir et blanc.Quant à cette exposition, elle donne en effet le sentiment de pénétrer dans une photographie d'époque