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Avec Be Modern, il propose un panorama éloquent de l'art du 20e siècle, regroupant les grands mouvements et les évolutions qui ont marqué l'histoire de la peinture de la fin de la Première Guerre mondiale à aujourd'hui. Un art de moins en moins figuratif qui passe par une abstraction radicale avant de revenir parfois à un mélange voire à autre chose lorsqu'il s'agit par exemple de vidéo. 150 peintures, sculptures, dessins ou installations sont ainsi réunis sous plusieurs thématiques. Après une introduction sous forme de préambule, qui réunit des oeuvres aussi diverses que David Nash (le dessin d'un conifère exécuté à la mine de charbon), un champ de pierre ( Utah) de Richard Long, ou un dégradé de rouge signé Josef Albers, l'expo plonge dans l'évolution de la figuration vers l'abstraction: aux cotés d'un Schmalzigaug futuriste (portrait du baron Francis Delbeke), Les hélices cubistes de Fernand Léger en 1918, le fauvisme de Matisse dans une nature morte, et les compères du cubisme notamment que furent Picasso et Braque voisinant un Paul Klee. Des découvertes à côté ces incunables, à l'image du cubisme rond et doux d'un Prosper De Troyer. C'est d'ailleurs ce qui frappe et révolte un peu: la richesse du passé moderne belge (Gustave de Smet, Floris Jespers, Vantongerloo, Servranckx) la plupart du temps reléguée dans les réserves d'un musée royal! Sans parler des surréalistes, dont Marcel Mariën, dont on découvre dans un collage l'existence d'un frère, Georges. Dans un accrochage très sage pour ne pas dire impavide, la thématique de l'être humain donne à voir des oeuvres emblématiques de Bacon ( Le pape aux hiboux) Zadkine ( La ville détruite), Kokoschka, voire Evelyn Axell notamment au plan national, tout comme l'importance du mouvement Cobra un peu (et même beaucoup) belge lui aussi (avec Dotremont, flanqué d'Appel et Jorn). Quant au thème de la matière, il met en exergue la qualité d'un Walter Leblanc mis en regard d'un Lucio Fontana ou le talent du sculpteur belge Eugène Dodeigne ( Femme en bois esquissée et élancée) face à l'exubérance des figures ailées de Lynn Chadwick. La section papier illustre une fois encore la richesse des collections avec des oeuvres rares d'Hockney, Twombly, ou Christo. L'exposition se termine par un regard sur la création contemporaine, celle mémorielle de Boltanski, celle nationale et là encore d'une grande richesse: en peinture chez Tuymans, sous forme d'installation chez Lili Dejourie, de photographie virant au noir chez Dirk Braeckman et sous forme de vidéo hypnotisante chez David Claerbout. Parlant d'images et de film, cette exposition ressemble à une bande-annonce appétissante d'un film que le spectateur semble condamner à ne jamais voir. Be Modern, jusqu'au 21 février aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, 3 rue de la Régence à 1000 Bruxelles. Renseignements: www.fine-arts-museum.be du mardi au vendredi de 10 à 17 h, le week-end de 11 à 18H. L'expo Art Cares Covid se déroule jusqu'au 14 février au même endroit, "Purification" de Bill Viola sera elle à voir jusqu'au 1er avril.