...

L'action du Centre de prévention du suicide (CPS) s'est concentrée dans cette campagne sur l'attitude préventive de tout un chacun au quotidien. Il est important de montrer du soutien aux personnes qui sont autour de nous et d'être vigilants par rapport aux symptômes qui pourraient nous alarmer. Être vigilant en période de crise, lors d'une rupture affectueuse ou amicale par exemple ou encore en période de difficultés scolaires ou lors d'une perte d'emploi. " Notre présence et notre compréhension comptent et nous pouvons vérifier qu'effectivement ces personnes ne sont pas en train de sombrer", insiste Gloria Uwase, psychologue au Centre de prévention du suicide. Une des manières de prévenir le suicide est de rompre l'isolement que les personnes en détresse subissent au quotidien. " Pour pouvoir rompre cet isolement, la voie d'accès est de permettre un dialogue", explique la psychologue . "Pouvoir mettre des mots sur cette souffrance devenue intolérable. On part du principe que tout le monde va être acteur de changement. On peut être présent à l'écoute et accueillir cette parole, c'est l'étape principale pour pouvoir exprimer et identifier ce qui se passe pour elle dans cette période de crise. Cela peut lui permettre d'entamer d'autres actions par la suite, mais l'étape principale, c'est de délier les langues", insiste-t-elle. Gloria Uwase poursuit sur la démystification de la santé mentale et du suicide en général . "Il existe un grand tabou autour de ces questions qui fait mal à la fois aux personnes en souffrance et à leur entourage. Souvent, ces personnes se sentent honteuses et culpabilisent de traverser cette crise. Elles ne se sentent pas capables de la surmonter, ce qui créé un grand isolement puisqu'on ne peut pas en parler. Elles ont l'impression d'être seules face à tout cela. Leur entourage, qui peut percevoir le mal être, n'ose pas en parler non plus, par peur de faire un faux pas et d'aggraver la situation voire même de précipiter les choses", poursuit Glora Uwase. Il ne faut pas avoir peur de dire les mots, explique-t-elle, de poser des questions afin de mieux comprendre tous les facteurs de risque, de protection, les ressources et les processus qui se cachent derrière ces termes-là. "Mais lorsqu'on rentre en dialogue avec une personne en souffrance, il faut être vigilant à ce que les réponses restent centrées sur elle, sur ce qu'elle se sent capable de faire, sa réalité plus que sur nos référents à nous. Ce n'est pas toujours évident car, souvent, l'émotionnel s'en mêle", insiste la psychologue. Il faut cependant être attentif à ses propres réactions, car ce n'est pas facile d'entendre le discours de quelqu'un qui souffre et cela peut réveiller une série de chose en nous. L'important c'est de pouvoir s'écouter, car certaines choses peuvent être contre-productives ."Il n'y a pas d'échelles dans la souffrance", explique la psychologue. " La manière dont un événement est vécu par la personne dépend de ses valeurs, de son histoire et du moment où il arrive. Même si pour nous, cela peut sembler mineur, il faut bien l'inscrire dans l'histoire de la personne."Enfin, il faut éviter de rechercher des solutions ou de tout de suite reléguer à quelqu'un d'autre, explique la spécialiste. La première étape c'est de laisser la personne s'exprimer, de voir ce qu'elle ressent et ensuite on peut l'accompagner vers des solutions qui lui correspondent. Les personnes qui sont dans une situation de grande souffrance recherchent rarement une réponse toute faite ou un plan d'action tout préparé en accord avec leur difficulté. Elles demandent plus un soutien et un accompagnement dans ce qu'elles traversent. "Finalement, les compétences de base, c'est de montrer que l'on n'est pas dans le jugement et que l'on est présent pour la personne. Tout va se jouer dans l'empathie et le soutien", conclut Gloria Uwase . "Et il est important de garder en mémoire qu'on n'est pas seul, qu'il existe des moyens dans ces moments difficiles. Le Centre de prévention suicide est également un réseau pour nous soutenir en période de crise."