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La première erreur a été de sous-estimer l'émergence du virus Sras-CoV-2 en Chine, "pensant que cela resterait un problème localisé (comme c'est le cas pour le Middle East respiratory syndrome (Mers). Les prises de décisions "fortes" ont donc été prises avec un retard certain. Pourtant, le premier cas de Covid-19 hors Chine a été déclaré en Thaïlande le 13 janvier 2020 et l'OMS a déclaré le Covid-19 comme étant une urgence internationale de santé publique le 30 janvier 2020.""Le Centre national de référence pathogènes respiratoires (UZ Leuven) devait-il alerter à cette date les autorités? L'avait-il déjà fait afin d'activer le système de santé national?", demande le Dr Belkhir. Comme le jdM l'a révélé précocement, un plan d'urgence (plan opérationnel) pandémie grippale existe depuis 2006 et a été revu en 2009 lors de l'épidémie de grippe H1N1. "Ce plan avait, entre autres, pour but de préparer les structures hospitalières à un afflux important de patients infectés afin d'éviter de dépasser la capacité hospitalière des hôpitaux. Ce plan n'a jamais été mis en application." Il a manqué dès lors un plan opérationnel standardisé spécifique rapide. "Les structures de surveillance régionale des maladies (Aviq, Cocom...) ont rapidement été dépassées... N'avoir que deux hôpitaux de référence (CHU Saint-Pierre, UZ Antwerpen) pour des maladies à haute contagiosité est totalement insuffisant."Pour le Dr Belkhir, "il faut absolument prévoir un "groupe pandémie" permanent, reprenant entre autres des scientifiques et des soignants ayant une expérience de terrain "real life"".En fait, les premières antennes de tri (crées afin d'éviter une saturation des admissions aux urgences) "ont émergé grâce au bon vouloir des hôpitaux". "En terme de formation des médecins, aucun cours n'est prévu dans le cursus de base ni dans le cursus du diplôme interuniversitaire en maladies infectieuses sur la gestion/ préparation d'une pandémie."Les médecins traitants "ont été exclus de la première phase, ce qui a engendré une surcharge au niveau des urgences des hôpitaux (surtout au mois de mars, après le retour des vacances de carnaval)".Au manque de personnel infirmier avant la crise s'ajoute l'absence de suivi psychologique pour des soignants épuisés. Sur l'ensemble des soignants, 30% ont présenté pendant la crise des manifestations d'anxiété manifeste, 24% d'anxiété modérée, 15,4% de dépression manifeste, 17,2% de dépression modérée , selon une étude réalisée sous la supervision du Pr Philippe De Timary, psychiatre aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Pourquoi ne disposait-on que d'un seul laboratoire de référence, le Centre national de référence pathogènes respiratoires de l'UZ Leuven "alors que l'Allemagne en compte des dizaines?" Le centre du Pr Van Ranst fut dépassé le 13 mars... Conséquence: le test laboratoire a été réservé aux cas sévères et aux professionnels de santé avec de la fièvre. Parallèlement, durant toute la première vague, "nous avons souffert d'une pénurie de réactifs, d'une pénurie des écouvillons ce qui a également contribué à la forte limitation des capacités de testing. Un testing uniquement ciblé sur les malades sévères nécessitant une hospitalisation.""La mise en place de la plateforme fédérale 'task force testing' avec des entreprises pharmaceutiques privées (Biogazelle, GSK, J&J et UCB) sans avis préalable des laboratoires de biologie clinique agréés a créé de grosses tensions et un sentiment de dévalorisation. Certains laboratoires cliniques vont d'ailleurs dénoncer publiquement cette stratégie. En d'autres termes, la recherche de solution pour augmenter la capacité de testing fut un énorme fiasco."Fait aujourd'hui connu: la Belgique a souffert d'un manque de matériel de protection d'emblée et à l'impossibilité de permettre le port du masque aux soignants. "Des contaminations de soignants et de patients ont eu lieu au début de l'épidémie dans différents services des hôpitaux" occasionnant "un stress permanent dans les hôpitaux".Le Dr Belkhir liste les médicaments qui ont manqué pour soigner les patients 1. "Le fait qu'il n'y ait pas de réserves centrales (qui seraient distribuées au fur et à mesure en l'absence de pandémie avec reconstitution des stocks) est un problème majeur.""La communication a été, n'ayons pas peur des mots, catastrophique depuis le départ et ce, tant pour les praticiens hospitaliers, médecins généralistes que pour la population. L'absence de leadership a surtout été marquante durant les premières semaines de l'épidémie."Progressivement, différentes décisions/recommandations ont été émises et rendues accessibles sur le site de Sciensano. "Néanmoins, il a toujours été très difficile de savoir qui prenait les décisions."Le Dr Belkhir pointe comme nous l'avions fait le trop grand nombre de groupes décisionnels (RMG, RAG, Sciensano, CNS, puis le GEES, le Celeval, sans compter les différentes task forces) "sans qu'on ne sache qui décidait de quoi exactement et quels étaient les critères de sélection des membres de ces différents groupes".Durant les premières semaines de l'épidémie (fin février-début mars), "les "médecins de terrain" ont perdu énormément de temps à récolter les informations pratiques auprès de sciensano, de l'Aviq, de la Cocom etc".Les modifications de procédure incessantes et fortuites furent nombreuses. "Ces modifications très (parfois trop) régulières ont engendré beaucoup de confusion tant pour les médecins soignants que pour l'organisation en interne au sein des hôpitaux: comment justifier auprès du personnel soignant ou auprès de patients, qu'on puisse tester par PCR telle ou telle personne un jour et que 48 h après, on ne le peut plus?" Du coup, la communication vers la population a également été très chaotique. Il manque en Belgique, selon Leila Belkhir, "une gestion centralisée des capacités en lits dans les unités de soins classiques et dans les unités de soins intensifs sur tout le territoire". Enfin, "nous avons raté le coche en terme de participation à des études cliniques internationales". Le système est lourd et lent "même si le KCE a essayé rapidement de mettre sur pied des réunions nationales avec partages de protocoles d'études cliniques entre hôpitaux belges". 1. propofol 2% (diprivan®, midazolam (dormicum®, morphiniques (sufenta®, clonidine (catapressan®, dexmedetomidine (dexdor®, cis-atracurium (Nimbex®, rocuronium (esmeron®, nor-adrénaline = nor-épinéphrine (Lévophed®.