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Une superbe exception vient pourtant d'être mise en oeuvre par une firme italienne de Lombardie, qui a permis la transformation de masques de plongée (snorkeling) en... masque de respirateur. Il fallait y penser : d'un côté un masque très étanche avec l'ouverture du tuba en haut et à l'arrière du masque. De l'autre, une tubulure qui se connecte au flux d'oxygène des hôpitaux. Entre les deux, il fallait une pièce qui n'existait pas. En quelques jours, les experts d'Isinnova, contacté par un ancien médecin-chef de l'hôpital Gardone Valtrompia, le Dr Renato Favero, ont transformé cinq mille masques de Decathlon (qui a fourni les plans de son appareil) en autant de masques C-PAP hospitaliers pour la thérapie sous-intensive. Quelques modifications minimes ont été apportées à l'appareil, comme l'inversion d'une valve. L'hôpital de Chiari a testé directement le résultat avec succès. Les responsables de l'entreprise Isinnova, qui travaillent d'habitude sur des solutions innovantes de production d'énergie, insistent : " Ni le masque ni le lien ne sont certifiés et leur utilisation est soumise à une situation de besoin impératif. " Ainsi, l'utilisation par le patient est soumise à l'acceptation de l'utilisation d'un dispositif biomédical non certifié, en fournissant une déclaration signée. Isinnova s'est empressé de breveter l'invention, non pas à titre lucratif, mais pour empêcher qu'elle ne le soit par d'autres : " Nous avons l'intention que tous les hôpitaux dans le besoin puissent l'utiliser si nécessaire ". Issinova met en effet son plan et ses conseils à disposition de tous. En Belgique, 50 masques ont déjà été fabriqués pour l'hôpital Erasme. Toutefois, les inventeurs mettent en garde : " Il est recommandé, pour ceux qui souhaitent utiliser la documentation pour la reproduire, de se prévaloir de la collaboration d'un personnel technique spécialisé pour la réalisation et la supervision d'un médecin pour l'utilisation. Il est absolument déconseillé de le reproduire si vous ne disposez pas de telles compétences. " Pour la production de ces pièces, une précision élevée n'étant pas requise, une imprimante à filament FDM avec des réglages " de base " est plus que suffisante : filament PLA 1,75 mm, température de la buse : 205 - 210 degrés, température de la plaque intégrée : 35-50 degrés, épaisseur de couche : 0,2 mm. Le filament le plus courant sur le marché, le PLA (polylactique) convient, puisqu'il est inodore, le moins dangereux possible (le PLA n'est pas très dangereux et biocomposable) et relativement flexible.