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Présentée sur cinq salles, dans un parcours sinueux qui rappelle les volutes de jazz qui accompagnent constamment Yves Zurstrassen dans son processus de création, cette rétrospective explore les oeuvres des dix dernières années d'un artiste trop ému d'enfin présenter ses toiles dans un musée de cette ville qu'il chérit.Un retour en arrière qui débute avec des oeuvres du printemps dernier, faites de constructions rigoureuses délimitées par le noir et la vibrance d'un jaune éclatant, lequel évoque la période pop plus que le jazz.Plus musicale, la deuxième salle est dominée par le rouge qui scande un jeu musical de déconstruction, comme dans le cas du free jazz, en enlevant et ajoutant de la matière, l'artiste se livrant sur certaines portions à une archéologie de la construction en la détricotant.Un genre de patchwork que l'on retrouve dans la dernière salle où la profusion, l'effusion tranchent avec la précédente : le bichrome noir et blanc y règne en maître, comme des blanches et noires d'une musique picturale qui se fait plus mondiale, notamment dans "Arabesque" et ses fragments de moucharabieh.Point culminant de l'exposition, la troisième salle se veut un dialogue à la fois plastique et chorégraphique, avec des oeuvres aimées comme La danse de Matisse et le Broadway boogie-woogie de Mondrian notamment.Une sarabande de formes et couleurs, symbole d'une oeuvre spontanée, chatoyante d'un artiste certes jazz, mais surtout complètement free.