...

Prêter attention au burn-out des pharmaciens est important à plus d'un titre. Comme pour tout un chacun, il a chez eux un impact physique et psychologique... mais ils sont aussi des prestataires qui, de par leur proximité et leur accessibilité, doivent être sur la brèche jour après jour pour apporter aux patients leur aide et leurs conseils. L'une des études reprises dans la revue évoque justement les problèmes potentiellement sérieux qui peuvent survenir lorsqu'un prestataire est confronté à un burn-out. Au-delà du possible impact sur le professionnalisme de l'intéressé, il n'est en effet pas exceptionnel que les patients eux-mêmes s'aperçoivent que leur pharmacien ou médecin ne va pas bien et choisissent donc d'en changer. Dans les cas plus graves, la sécurité des patients peut se trouver compromise et le risque d'erreurs médicales augmente. Pas moins de 61,2% des pharmaciens américains déclarent avoir souffert d'un grave burn-out à un moment ou l'autre de leur carrière - un pourcentage qui les classe parmi les prestataires de soins les plus touchés par ce problème, devant les chirurgiens, les oncologues et les urgentistes, notamment. La quête des causes spécifiques du burn-out à l'officine est passablement délicate. On trouve en première instance des facteurs de risque comme la charge de travail, le contrôle, la rémunération, les valeurs ou le sentiment de ne pas en faire assez pour les patients faute de temps. Viennent s'y ajouter les problèmes informatiques, la pression du temps, les exigences en termes de qualité et de performance, les défis qui entourent des soins pharmaceutiques de qualité et les conflits avec le titulaire et/ou les collègues. Typiquement, les pharmaciens en burn-out sont ceux qui travaillent plus de 40 heures par semaine et n'ont pas de conjoint ou de partenaire stable (et, le plus souvent, pas d'enfants). La prévention joue un rôle capital dans le burn-out, comme du reste dans la majorité des maladies. La revue américaine avance à cet égard une série de suggestions tirées des nombreuses publications scientifiques consacrées à la question. Une idée qui sort immédiatement est de mieux informer les futurs pharmaciens dès l'université - et idéalement le plus tôt possible dans leur formation - des risques potentiels de burn-out dans la suite de leur parcours. Une autre suggestion est de prendre activement contact, dès les premiers signes d'épuisement professionnel, avec des collègues confrontés au même problème. Un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée est un aspect incontournable pour éviter le burn-out, et pas que chez les pharmaciens. À l'officine, une responsabilité particulière en matière de prévention revient au titulaire, qui se doit, en tant qu'employeur, de veiller au bien-être physique et psychologique de ceux et celles qui travaillent pour lui. Surmonter un burn-out n'est pas chose aisée. Les pistes pour s'en débarrasser rejoignent largement - et ce n'est pas un hasard - celles qui sont avancées pour sa prévention. Ceux qui travaillent plus de 40 heures par semaine feront déjà un grand pas en revoyant leurs horaires à la baisse. L'exercice physique, une alimentation équilibrée et les techniques de relaxation peuvent également améliorer les symptômes, et le soutien des proches revêt par ailleurs une importance déterminante. Pour les auteurs, leur connaissance professionnelle de la problématique peut aider les pharmaciens à mettre spontanément en pratique les recommandations finalement plutôt simples pour prendre soin d'eux-mêmes...