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C'est un peu le Das Kapital des temps modernes: en 250 pages, le dessinateur Enzo et les économistes Isabelle Bensidoun et Sébastien Jean, entreprennent d'expliquer sous forme de bédé la mondialisation et son histoire, depuis ses origines après le Congrès de Vienne et la défaite napoléonienne, jusqu'aux derniers soubresauts engendrés par la crise du Covid. Dans un dessin qui se veut réaliste ou proche en tout cas dans des tons quadrichromés, il dresse un portrait en effet pas noir et blanc, et donc ni manichéen, mais contrasté d'une tendance économique globale qui germe dès le début du capitalisme. Un propos (et des teintes) nuancé, qui tout en parvenant à éviter le piège de la simplification, parvient au travers d'exemples imagés à rendre clair des notions aussi complexes que le trilemme, les accords de Bâle ou la titrisation. Mais si le dessin n'est pas naïf, certains pourraient cependant reprocher aux deux scénaristes, dans leurs intuitions quant à la suite, un excès d'optimisme...