...

Le PMG répond aux demandes fédérales : il couvre 120.000 habitants et compte 120 médecins. Il rassemble les cercles de Seraing, de Flémalle et du Condroz. Il est situé à Neupré, à l'épicentre des communes. Un emplacement qui n'est pas dû au hasard. " Concernant la localisation, nous avons reçu un subside de l'Inami l'an dernier. Nous avons reçu le soutien de TellUs, société de géographes urbains, qui a calculé des courbes isochrones pour mesurer les temps de déplacement des patients ", explique le Dr André Meert, président d'Hamelie et du cercle serésien. " Ces courbes ont déterminé la zone juste à côté du cimetière américain, sur la route du Condroz. La localisation tient compte de la densité de population, des transports en commun ainsi que de la densité de véhicules, car il y a une différence sociologique entre Flémalle et Seraing, où il y a proportionnellement moins de véhicules par ménage, et le Condroz. "Le subside de l'Inami en poche, les trois cercles ont entamé les travaux de rénovation d'un hangar route du Condroz début 2020. " Le Covid est évidemment passé par là, les travaux ont pris du retard, mais nous ouvrons finalement le PMG aujourd'hui (le 12 juin, ndlr) ", explique, soulagé, le Dr Meert. Une question se pose en période de crise sanitaire : est-ce que les patients vont adhérer au PMG alors qu'ils reviennent à peine en consultation ? " Difficile à dire ", répond l'intéressé. " Nous avons en tout cas mis en place un poste 'Covid free', c'est-à-dire que l'on ne va pas commencer à faire des prélèvements. Nous avons par contre d'autres projets sur les rails pour faciliter l'adhésion des patients. C'est le cas notamment du projet pilote de taxi social, pour lequel nous avons reçu un subside de l'Inami. Il va permettre, avec l'aide des CPAS et des agences locales pour l'emploi, d'aller chercher les patients, de les conduire au PMG, et sur le chemin du retour, de passer par la pharmacie de garde. " Le projet, gratuit pour le patient, démarrera du 1er juillet au 30 septembre, pour l'instant dans les communes de Seraing et Flémalle. Autre clé de voûte du projet : le tri. " Le tri Salomon, propre à l'ULiège et au CHU de Liège, va s'éteindre, car le Fédéral ne subventionnera pas à la fois le 1733 et le tri Salomon. Nous avons donc démarré avec le 1733 comme régulateur jour et nuit. Le tri du 1733 est contraignant, ce qui va faire pencher le ratio visite à domicile et visite en cabinet vers ce dernier. "Si le PMG Hamelie est aujourd'hui sur pied, il est le fruit de nombreux mois de discussions dans toute la province. " Cela fait des mois, des années même que l'on discute. D'une part, nous voulions réformer la garde. Vous le savez, il y a pénurie de médecins généralistes. Sans être sexiste, il n'y a pas non plus un enthousiasme fou des femmes médecins, pour des raisons de sécurité ", avance André Meert. " D'autre part, nous voulions proposer aux patients qui sont capables de se déplacer de venir au poste plutôt que de courir à leur domicile. "" La volonté de réforme de la garde de Maggie De Block invitait la création de postes de garde pour des clusters de 100.000 habitants la journée, et 300.000 habitants la nuit. Cela fait huit ans que je suis président du cercle de Seraing, et cela fait huit ans que l'on discute des PMG en province de Liège.Nous savions qu'il y avait un trou dans le Condroz, à Flémalle et Seraing d'une part, et à Fléron d'autre part. Nous avons eu plusieurs réunions sur la mise en place d'une grande structure faîtière pour les 1,1 million d'habitants de la province ou trois structures de 300 à 400.000 habitants pour répondre aux demandes fédérales. "La solution du PMG rassemblant trois cercles (Seraing, Condroz et Flémalle), s'est donc imposée. Concernant la garde de nuit, l'ouest liégeois, composé entre autres du PMG Hamelie, devrait couvrir une zone de 500.000 habitants, contre 300.000 pour les zones de l'arrondissement de Liège et l'est de la province (voir carte). Comment une commune de la taille de Seraing (65.000 habitants en zone urbaine) s'est-elle retrouvé dans un no man's land de garde pendant autant d'années ? " Il a fallu que les mentalités évoluent ", concède le président du cercle local. " Nous venons de la féodalité : il y a une dizaine d'années, il y avait différentes zones de garde et des sous-cercles. Il y avait un sous-cercle pour Boncelles et Ougrée, un pour Seraing et même pour les maisons médicales - du temps antique où des tensions entre médecins de différentes tendances existaient. Il y a eu un moment où trois cercles de garde s'occupaient de la commune. Mais la décision fédérale d'instaurer un seul rôle de garde par commune a changé la donne. "" Il y a ensuite eu de longues discussions suite à la volonté de la ministre d'adosser les PMG aux urgences. Il y a eu une première tentative de PMG aux urgences du Bois de l'Abbaye qui a été avorté après quelques mois, faute de combattants. Nous avons ensuite fait une autre tentative, plus microscopique, où l'on invitait les patients à se rendre chez un médecin de garde. Cela a fonctionné, mais de manière modeste. Comme l'endroit changeait à chaque fois, nous manquions de visibilité. "Le médecin est toutefois confiant : ce troisième essai est le bon. " Je pense que ce PMG fonctionnera car il y a eu un long processus démocratique au sein des trois cercles pour que les médecins adhèrent au projet. "