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C'est à Leuven que le Dr Jacmin débute ses études de médecine, qu'il terminera en 1982 à Woluwe. Mais lui qui ne se voyait pas devenir chirurgien jusqu'à trépas, bifurque vers la gynécologie en 4e doctorat. Une spécialisation qui le fera voyager de Strasbourg à l'hôpital français de Berchem-Sainte-Agathe, où il rencontra le célèbre Dr Legrain. " Une spécialisation qui a l'avantage d'être confrontée à des patients en bonne santé " nous dit-il non sans une pointe d'humour. " Une particularité parfois difficile à vivre pour certains confrères qui ont du mal à accepter que leurs patients soient en meilleur santé qu'eux. "Le Dr Jacmin est un sportif. Lui qui enfourche son VTT tous les matins a longtemps joué au squash et fait de la planche à voile. " On le voit régulièrement sur sa Harley avec son épouse ", nous confie une de ses patientes. Une passion pour la moto qu'il assume également sur circuit à Francorchamps au volant de sa Ducati " jusqu'à ne plus avoir ni bras, ni jambe ". " Je rencontre peu de spécialistes passionnés en dehors de leur métier ", nous dit d'emblée ce travailleur acharné. " Je suis joignable sept jours sur sept et 24h00 sur 24 pour mes patientes ", nous avoue-t-il. " Il m'arrive de répondre la nuit ou lorsque je suis en concert. " Grâce aux oreillettes sans fil qui le relient à son tel, ses deux secrétaires peuvent le joindre n'importe où. " Cela fait 32 ans que je fonctionne de la sorte. Je ne me suis jamais refusé à mes patientes. "Son cabinet se trouve dans la propriété familiale. Un lieu de travail qui jouxte son domicile mais qui est surtout installé au dessus de son studio. " J'ai commencé le piano à l'âge de cinq ans, grâce à mon père qui était un passionné de jazz. " Il écoute Booker T & the M.G.'s, Santana, Deep Purple qui utilisent alors régulièrement un instrument qui rentre seulement dans sa vie d'adulte : l'orgue Hammond. Lorsque son père entend le son de l'instrument, il décide d'en acheter un " petit " et fonde une chorale de jazz dans le village. La famille au sens large crée son orchestre et le jeune Vincent Jacmin se fait remarquer. Il passe sur les ondes de l'ORTF puis à la RTBF. Il n'a que 11 ans ! Le hasard fait que le régisseur de Béjart l'entende. Il lui fait enregistrer son 3e album à l'âge de 14 ans. Très jeune, il souhaitait se lancer dans la médecine, une vocation partagée par son parrain et son grand père, cardiologues tous les deux, mais cette reconnaissance soudaine le fait douter. Il décide de suivre son premier projet mais confesse sans ambiguïté : " cela ne m'a pas empêché de vivre cette passion ma vie durant ". Ceci, même s'il nous concède avoir failli loupé son 2e doctorat suite à la rencontre d'un copain fan de jazz comme lui. C'est alors qu'un ami de dix ans son aîné l'invite dans son groupe où il jouera pendant 47 ans. Il s'est fait passer comme régisseur sur de nombreux concerts, ce qu'il n'était évidemment pas. Pour le simple fait de poser les mains sur un instrument mythique ou pour toucher le micro d'une rock star. C'est comme cela qu'il rencontra Stevie Wonder et... le mythique Jimmy Smith. Il nous livre une autre anecdote qui s'est passée lorsqu'il était encore en fac de médecine. L'auditoire accueillait un concert en fin de journée. Vincent Jacmin ne put s'empêcher de descendre entre les cours afin de poser les doigts sur l'ivoire du Steinway modèle D. Il commença à jouer jusqu'au moment où il se rendit compte que le Pr faisait partie du public et que l'heure de cours était déjà bien entamée. Il est impossible d'évoquer Vincent Jacmin sans parler de sa famille. Il cite volontiers son épouse et ses trois filles, dont l'une d'elles est généraliste. Une descendance qu'il a élevée dans la musique. Joëlle, son épouse a fait le conservatoire et affectionne particulièrement Debussy. Ils sont fiancés depuis 1978 et fêteront prochainement leurs 40 ans de mariage ! Sa femme a également été championne de tennis à 16 ans et est très impliquée dans leur groupe de Harley. Ceux qui en doutent peuvent la rechercher sur les réseaux sociaux : sa page est réellement celle d'une bikeuse ou le tatouage Harley forever est de rigueur. Elle possède sa propre harley, " une SuperLow " qu'elle a déjà guidé en Alsace, le long de la côte d'Opale et jusqu'à Roquebrune-sur-Argens. Dans cette famille tournée vers les bonnes notes, le Dr Jacmin reconnaît que la musique lui a apporté énormément. " Elle me permet de relativiser et de garder cette sensibilité ; de mieux comprendre les gens. "Au moment de terminer l'interview, il nous parle de vins et de sa passion pour les bons flacons. Il évoque son amour pour un peintre gantois, Edward Antoon Portieltje qu'il collectionne. Résolument, la commune de Lodelinsart a son épicurien.