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Jeanne est une jeune femme mal dans sa peau, sous l'emprise de sa mère Margarette, une cougar égoïste seule et cinquantenaire qui continue à infantiliser sa fille, ce qui lui permet de se croire encore jeune. Infantilisation qui conduit la jeune fille à prendre un boulot nocturne dans le parc d'attractions de la cascade de Coo, souvenir d'une enfance heureuse et en famille qu'elle cherche à perpétuer. Subjuguée par la nouvelle attraction, le Move it, qu'elle a tôt fait de rebaptiser Jumbo, d'adopter voire de lui parler, Jeanne constate très vite que cette attraction n'est pas aussi mécanique qu'elle en a l'air... A mi-chemin entre fantastique et onirisme, Jumbo se situe au niveau du scénario entre Christine de Stephen King réalisé par John Carpenter en 1983 et le Proteus IV de Donald Cammell, plus tôt encore, en 1976. L'ambiance nocturne un peu claustro, confine à ce film aux moyens limités une aura de mystère, ce qui n'empêche des longueurs, d'autant que le long métrage de Zoé Wittock hésite entre envolée fantastique et intrigue psychologique. Ce qui n'empêche une interprétation sans faille de Noémie Merlant, en jeune fille repliée à la limite de l'autiste, et une Emmanuelle Bercot crédible en mère toujours adolescente malgré son âge. Et si l'intrigue défie les lois de l'attraction, ce film inégal a des allures de... montagne russe